
Souvenez-vous: écran noir, des vagues puis un bruit de moteur en fond sonore, un texte s’affiche sur l’écran “6 Juin 1944”, puis “Omaha Beach: secteur Charlie” et enfin l’image s’éclaircit pour montrer l’intérieur d’une barge de débarquement. Ainsi commence l’une des scènes les plus mythiques du jeu vidéo, dans Medal Of Honor: Débarquement allié. Cette scène du débarquement alliée d’Omaha Beach, un shoot ultra scripté mais incroyablement spectaculaire, fera date dans l’histoire du jeu vidéo et entraînera la naissance, à elle seule, lad’un nouveau genre.
Bien que la série des Medal Of Honor, créée par Steven Spielberg et très fortement inspirée de son film “Il faut sauver le soldat Ryan”, eu énormément de succès au début, au fur et à mesure de ses épisodes elle s’enferma dans une routine sans plus innover. Pendant ce temps là, la grande série rivale, Call Of Duty, créée par une partie de l’équipe de Medal Of Honor ayant rejoint Activision, cartonne incroyablement. Electronic Arts a donc tenté la recette en vogue du moment, le “reboot”, en basant cette fois l’action aujourdhui en Afghanistan…
Pour ce faire, ils ont en fait créé deux jeux complètement séparés: équipe de développement, moteur, maniabilité, configuration…un pour la campagne et un pour le multijoueur.
Premièrement, la partie solo: une bonne idée est d’avoir basé toute la campagne dans un lieu unique: l’Afghanistan. Trop souvent les jeux de ce type font des missions “un peu partout” dans un conflit en explorant que brièvement différents endroits. Ici le jeu permet de découvrir différents terrains en Afghanistan: montagnes enneigées, déserts, bois, villes…. et les différents ennemis possibles: insurgés pachtounes, Al-Quaeda, Chechenes… Cette centralisation du conflit sur une seule zone est une des rares idées novatrices de ce jeu et les autres jeux de ce type feraient bien de s’en inspirer.
Bien sur, “Moh” provoquera la polémique puisque son champ de bataille se déroule dans une guerre en cours. Bien que cette mini polémique et la publicité qui en découle étaient sûrement l’effet recherché par les marketeux d’EA, en jeu ça ne choque pas tellement. Ce qui choque ici, c’est plutôt le manque criant d’inventivité dans le gameplay. Le jeu est tout simplement un long couloir, faisant quelques mètres seulement de large, dans lequel on avance en déclenchant script après script. Pire, lorsqu’il se passe autre chose que simplement du massacre d’ennemis, on ne peux plus tirer ou on perd carrément le contrôle de notre personnage. Et quand je dis “long” couloir, vous en atteindrez le bout en quelques heures seulement (mais c’est devenu un standard pour le genre).
Dans ce Medal Of Honor on ne s’ennuie pas, ça vide le cerveau comme il faut. Mais par contre, on ne retrouve jamais ce sentiment épique propre au genre, quand ça explose de partout, que les alliés tombent comme des mouches, que les renforts n’arrivent pas, qu’il y a comme un bourdonnement dans nos oreilles… dommage pour une série qui a été si prestigieuse.
Pour le multi, EA a fait appel à DICE, les développeurs adulés de la série des Battlefield. Mais on sent bien ici que DICE a fait ça à la va-vite: ils reprennent leur moteur à eux, des (trop) petites cartes, des textures de la campagne solo, quelques drapeaux à capturer, et voila ils renvoient le tout à EA: mission accomplie (ils peuvent retourner bosser sur un vrai Battlefield). Franchement, jouez plutôt à la démo de n’importe quel jeu de la série des Battlefield, ce sera plus profond.
Conclusion: un jeu très bof donc, à jouer éventuellement si vous avez une adoration pour le genre et que vous voulez jouer en Afghanistan. Vous ne découvrirez clairement pas de nouvelles sensations ludiques, vous n’en sortirez pas plus intelligents, mais ça vous défoulera comme un Call Of Duty, en moins bien.
PEGI: 18
Développeur: Danger Close (EA Los Angeles), DICE
Editeur: Electronic Arts
Testé sur PC, dispo aussi pour PS3 et Xbox360




















