Zorglub

Zorglub

Journaliste et photographe depuis plus de 20 ans, Jérôme Bohbot, alias Zorglub est aussi un gamer invétéré père d'un ado de 15 ans et d'une fillette bondissante de 4 ans. Sa passion du jeu a débuté avec Donjons & Dragons à la fin des années 70. Dans les années 80 il écrit régulièrement des scenarii pour Casus Belli et des magazines dédiés aux jeux de rôles. En 1992, il devient directeur de photographie chez Ziff Davis France (PC Expert, PC Direct, ZDnet). En parallèle il écrit des tests et des dossiers pour PC FUN, GEN4, PC MAX, Cyberstratège, et pour Gamespot.fr. En 2001 il participe à la création de Microscoop, une société d'édition de presse parisienne. Il s'y occupe de la rubrique jeux vidéo de Tom's Hardware, travaille pour le Journal des Loisirs Interactifs et pour Ere Numérique. En 2006, il lance la version française du site Eurogamer dont il occupe le poste de rédacteur en chef jusqu'en 2009.

Sep 132011
 
age-of-empire-online1

Après avoir dissout il y a plus deux ans le studio qui avait créé la série Age of Empires, Microsoft relance la franchise sous forme d’un jeu de stratégie en ligne et en free to play. Un pari osé pour une saga qui a marqué sur PC et amené de nombreux néophytes à découvrir les jeux de stratégie temps réel.

La décision de Microsoft de liquider Ensemble Studios, le développeur de l’intégralité de la série Age of Empires fut difficile à comprendre pour tous les fans de jeux de stratégie temps réel (RTS), tant cette saga a accompagné le développement de la firme de Bill Gates dans le domaine du jeu vidéo sur PC.

En effet, en 1997, Age of Empires a littéralement apporté une dimension inédite et un nouveau public à un genre lancé en 1992 par Westwood Studios avec Dune 2 (et trois ans plus tard avec le premier Command & Conquer). Notez pour l’anecdote qu’Electronic Arts qui avait depuis acquis Westwood a fini par fermer le studio en 2003…

Age of Mythology avait certes marqué le début du déclin de la série, et Age of Empires III ne fut pas un chef d’œuvre, mais de là à enterrer Bruce Shelley son créateur et son studio… quel dommage ! Et voici que Microsoft nous ressort sa licence sous forme cette fois-ci d’un jeu exclusivement en ligne et en free to play. Comprenez par là « gratuit mais pas tout à fait ». Il n’y a pas comme dans World of Warcraft, par exemple, d’abonnement payant, mais en contrepartie si l’on souhaite disposer d’un maximum d’options de jeu, il faut les acheter avec des points Microsoft.

Free to play or free to pay ?

Deux civilisations de base sont jouables actuellement. Grecs et Egyptiens sont disponibles gratuitement en version limitée. On peut s’amuser avec, mais l’accès aux unités, aux technologies avancées et au multijoueurs est bridé.

Pour profiter à 100% d’Age of Empires Online il faut acheter des packs d’options…

Acquérir la version « Premium » d’une civilisation coûte 1680 points Microsoft (soit environ 20 euro). On peut également acheter une version boîte en magasin. De plus, une boutique online est accessible via une échoppe située au cœur de sa capitale. On peut s’y fournir directement en boosters packs proposant des scénarii et du contenu spécifique.

Le joueur qui débute et veut aller plus loin dans Age of Empires Online peut ainsi s’offrir pour 8000 points un gros pack regroupant pratiquement tout ce qui est disponible actuellement et plus encore comme les futures civilisations celtes et perses. Reste que débourser pas loin de 100 euro pour un jeu free to play c’est franchement too much ! Des scénarii (Défense de la Crète) et des packs de décors destinés à personnaliser son empires sont disponibles à 480 points (5,76 euro).

Une capitale au cœur de l’empire

La première partie lancée, ce qui frappe d’entrée c’est le joli look très cartoon du jeu qui rappelle celui des anciens épisodes de la série The Settlers. Les similitudes ne s’arrêtent d’ailleurs pas uniquement à l’aspect graphique. Désormais, après avoir choisi sa civilisation, on se retrouve au cœur de sa capitale, une petite bourgade au commencement, dont les infrastructures vont se développer au gré de sa progression dans le jeu.

C’est à partir de sa capitale que l’on gère sa civilisation et ses relations avec les autres joueurs.

La capitale n’est pas un terrain de jeu à proprement parler. Elle constitue l’interface centrale d’où le joueur gère tous les aspects de son empire. La partie gestion est désormais beaucoup plus présente qu’auparavant et en ce sens, ce nouvel Age of Empires rappelle vraiment The Settlers. Via sa capitale on peut échanger avec d’autres joueurs, se créer un groupe d’amis, faire du commerce, des échanges d’objets ou de technologies, et surtout trouver ce qui est au cœur du gameplay : des quêtes.

A l’image d’un jeu de rôle, il faut accomplir des missions pour acquérir des points d’expérience et permettre à sa civilisation de monter de niveau. Ces missions sont progressives et bon nombre d’entre elles font office de didacticiel. La plupart du temps il s’agira de vaincre un adversaire ou de survivre à des vagues d’assaut, parfois de libérer des prisonniers ou de retrouver des marchandises.

Couper, cueillir, miner, récolter…

En plus des objectifs de chaque mission, explorer à fond les maps permet de découvrir des trésors.

Le système de jeu classique d’Age of Empires se retrouve dans chaque missions : il faut récolter des ressources avec ses paysans. Elles servent à construire des bâtiments destinés à créer des unités et à les améliorer. Tous ceux qui ont déjà mis la main sur un jeu de ce type s’y retrouveront très rapidement. La durée de ces scenarii varie entre quelques minutes et une heure. Prime est de plus donnée à ceux qui se fendent d’une exploration complète des cartes, car il y a des trésors à trouver. Ils contiennent des marchandises, améliorations, plans de bâtiments et autres bonus que l’on peut exploiter à partir de sa capitale.

Au rang des nouveautés se trouvent notamment des « consommables » qui se jouent comme des cartes bonus au cours des missions. Leur utilisation est limitée par un compte-à-rebours de quelques minutes. Ces bonus sont plus ou moins puissants et plus ou moins rares, certains permettent de faire apparaître des troupes ou des structures instantanément, d’autre de booster ses armées.

Bonjour Monsieur Phelps…

A l’image d’un jeu de rôle, un point d’interrogation au dessus d’un personnage signifie qu’il a une quête à proposer.

Chaque mission réussie rapporte de l’argent, de l’expérience, des Points Impériaux (utilisables pour acheter des objets spéciaux) et des bonus, voire des améliorations ou des technologies. Chaque passage de niveau est récompensé par trois points que l’on peut répartir comme on le souhaite dans l’arbre des technologies de sa civilisation. A partir du quatrième niveau les missions en mode coopératif en ligne se débloquent, mais si on le souhaite on peut continuer à jouer en solo.

En l’état actuel, Age of Empires Online privilégie le jeu en mode coopératif, le PvP étant encore mal équilibré.

Quel intérêt alors d’aller chercher un autre joueur si on peut se débrouiller seul ? Et bien on est la plupart du temps libre de cocher une case « Elite » lors du lancement d’une mission. Cela augmente très nettement sa difficulté mais aussi les récompenses qui lui sont liées, d’où l’intérêt dans ce cas d’aller chercher un coéquipier.

Quant aux parties en joueur contre joueur (JcJ ou PvP), elles ne sont pas obligatoires. Le développeur a parfaitement compris que si les core gamers sont friands de ce genre de gameplay, ce n’est pas le cas des joueurs plus occasionnels, qui constituent un public de choix pour la franchise Age of Empires.

Reste que le PvP aussi séduisant qu’il puisse être manque encore d’équilibre. En effet, en développant sa civilisation on fabrique des objets qui améliorent ses unités – on peut aussi en trouver dans des trésors pendant les missions en solo. Là encore, à l’image d’un World of Warcraft il y a des objets, verts (communs), bleus (rares) et violets (épiques). Le problème est que cela a un impact énorme sur les affrontements en PvP. On peut ainsi se retrouver opposé à un adversaire dont les unités sont les mêmes que celles que l’on produit, mais en plus fort… et face à cela, on ne peut rien faire que tenter d’en faire plus que lui pour rééquilibrer la balance. Autant dire qu’à moins d’affronter un grand débutant, c’est perdu d’avance.

Conclusion

On appréciera le joli look un peut cartoon choisi pour ce nouvel opus de la saga Age of Empires.

Tout cela fait qu’Age of Empire Online est agréable à jouer et plutôt simple à prendre en main. Est-ce vraiment une surprise ? Non, le titre est développé par Gas Powered Games, un studio créé et dirigé par Chris Taylor, pour qui les RTS ne constituent pas une nouveauté. Il a signé en 1997 le mythique Total Annihilation avant de se lancer ensuite dans le magnifique Impossible Creatures et plus récemment Supreme Commander (on peut aussi mettre à son crédit Dungeon Siege). Et si côté jeu en ligne, il a tenté une première expérience décevante avec Demigod, Microsoft n’a pas pris de gros risques en lui confiant Age of Empire Online.

Certes, le jeu n’est pas exempts de reproches (quêtes répétitives, manque de clarté sur certains aspects de la gestion détaillée de sa civilisation, gratuité très relative), c’est au final plutôt réussit. Par ailleurs, l’avantage d’un jeu en ligne c’est qu’il peut évoluer en fonction des desiderata de sa communauté de joueurs. C’est aussi souvent là que se trouve le défaut de la cuirasse. Pour l’instant il y a du monde en ligne, et c’est en fin de compte ce qui déterminera la qualité de l’expérience de jeu et sa pérennité.

Note:

Editeur : Microsoft Game Studios

Développeur : Gas Powered Gzmes

Type : Stratégie Temps Réel

Multijoueurs : Oui

Classification : Déconseillé aux – de 12 ans

Aug 102011
 
Ouverture_Pirate_DRM

Clés de protection, DRM, logiciels anti piratage, accès Internet obligatoire, tous les éditeurs de contenu numérique, qu’il soit téléchargeable ou sur un support physique, cherchent depuis des années à protéger les œuvres qu’ils distribuent. Mais au final, ces mesures sont-elles vraiment efficaces ?

En consultant Twitter l’autre jour, je suis tombé sur une info concernant le jeu Driver San Francisco d’Ubisoft : les joueurs PC devront avoir obligatoirement une connexion Internet active pour y jouer. Pas uniquement lors de l’installation pour s’enregistrer comme cela se fait de plus en plus souvent, mais aussi lors de leurs cessions de jeu.

En parcourant les discussions à ce sujet, je me projette dans la peau du joueur qui s’est payé un portable de concours et qui compte bien sur ses vacances à Trifouillis-les-Oies-sur-Mer pour se débarrasser de ses gamins en les confiant au mini club du coin et enfin profiter de ses quelques heures de temps libre pour s’adonner à son passe-temps favori…

Et je l’imagine en train de squatter le hotspot WiFi gratuit du camping – la seule connexion dispo à 12 kilomètres à la ronde – avec obligation de réactiver son accès toutes les 30 minutes (parce que déjà que c’est gratuit, faudrait pas en prime que les gens abusent…) pour tenter de profiter de son jeu préféré… Pas top !

M’enfin !

Au-delà de ce cas particulier, cette news m’a mis de mauvaise humeur. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Donc je râle. Et ne venez pas me dire que c’est normal parce que je suis français et que les français sont des râleurs !

Sur PC des protections telles TAGES, SecuROM, StarForce ou SafeDisc peuvent tout simplement bloquer l’installation d’un jeu légalement acquis.

J’en ai simplement marre de toutes ces protections qui au fil des ans nous envahissent et qui à mon sens ne font qu’emmerder le brave type qui a été légalement acheter un jeu, un film ou de la musique.

Car les pirates, eux, s’en soucient comme de leur Première Communion tant la plupart de ces mesures leurs sont assez simples à contourner. En quelques clics via un moteur de recherche on peut aisément découvrir comment faire sauter des DRM à l’aide de logiciels souvent gratuits. Quant aux torrents, la plupart des fichiers ainsi disponibles s’accompagne des outils et d’un mode d’emploi expliquant pas à pas comment utiliser et installer sans problème l’application ou le jeu que l’on vient de récupérer illégalement.

Qui pirate un œuf achète un bœuf

Oui, me direz-vous, mais pirater c’est mal, cela nuit gravement à l’industrie du jeu, de la musique ou du cinéma. Regardez comme les majors se plaignent de l’effondrement des ventes de disques. C’est à cause des pirates tout cela et patati et patata…

Peut-être… sauf que récemment, un acteur de l’industrie du film a mandaté GFK, un célèbre institut de sondage, afin de réaliser une étude sur le sujet, histoire ensuite de lancer une campagne stigmatisant les pirates, ces criminels sans foi ni loi capables des pires cruautés. Je ne sais pas si vous avez déjà fait attention aux spots anti piratages sur les DVD, mais ils sont tellement anxiogènes qu’ils terrifient littéralement ma fille de 4 ans…

Cette campagne de 2007 conçue par Saatchi & Saatchi pour Universal montre bien la façon dont les majors veulent stigmatiser le piratage.

Les résultats de l’enquête vont à ce point à l’opposée de ce que voulait démontrer le commanditaire, qu’il a décidé de ne pas la rendre publique et c’est courant juillet via le journal allemand Telepolis que certaines informations ont filtré.

Selon l’étude de GFK les pirates sont de loin les plus gros acheteurs DVD, ils fréquentent plus souvent les salles obscures particulièrement les jours de sortie des films et ce loin devant les consommateurs lambda… Il en ressort que les pirates sont ainsi à l’opposé de l’image de “parasites criminels” véhiculée par l’industrie. Du coup, on imagine bien l’embarras de ceux qui ont commandé l’enquête. C’est sûr, ça fait tâche : taper sur ses meilleurs clients n’est pas une attitude très prolifique pour le commerce…

Et le pire, c’est que sans faire de démagogie, on peut très bien imaginer que le même schéma de consommation s’applique aussi pour la musique, voire le jeu vidéo.

Imaginons donc que le piratage ne soit pas la principale cause des méventes des majors. Dans ce cas qu’elle est la source de leurs déboires commerciaux ?

De mon point de vue, ce qui nuit gravement à tous ces industriels c’est un manque flagrant d’imagination, de produits originaux et de qualité. J’en ai ras la casquette des remakes de chefs d’œuvres du Septième Art en navets numériques hollywoodiens, des Call of Duty 72, des Mortal Kombat 35 et des jeux à 80 euros qui ont une durée de vie de 2h30.

Pas vous ?

L’effet DS

Voici une bonne illustration de mon propos. A force de voir son grand frère le nez collé sur son iPod, ma fille de quatre ans revendique sa part de jeu vidéo. Je la laisse donc jouer un peu à la DS de temps en temps.

Je lui trouve donc une cartouche Dora. Ça l’éclate, je l’entends pianoter, marteler l’écran tactile à coup de stylet et hurler des « carte » ou « sac à dos » à tue tête… Cool, ça a l’air sympa ce jeu. Sauf qu’au bout de 20 minutes elle vient me trouver et me demande si je n’ai pas autre chose à lui donner.

R4 et consorts sont une véritable calamité pour Nintendo qui ne parvient pas à lutter efficacement contre le piratage sur les DS.

« Tu en as marre de Dora choupette ? »

« Non papa j’ai fini l’aventure ! » me rétorque-t-elle. Je vérifie et effectivement elle avait sauvé les sirènes, les singes, les dauphins et je ne sais plus quel truc encore. Jeu terminé « She did it ! » comme dirait Dora. 40 euros pour 20 minutes… je n’ai pas du tout l’impression de m’être fait arnaquer.

Le problème c’est que même s’il y a de véritables chefs-d’œuvre sur DS, il y a aussi énormément de jeux affichant des contenus médiocres et une durée de vie ridicule. Doit-on alors s’étonner que le piratage sur les portables de Nintendo soit devenu un véritable fléau.

Les R4 et autres Linker constituent à mon sens un cas unique dans le jeu vidéo, car ce type de piratage ne concerne plus seulement les pros et les gamins un peu doués en informatique qui se refilent les DVD sous le manteau dans la cours de récré, ce sont carrément les parents qui s’y sont mis. Et je pense que dans ce cas précis le binôme 40 euros / 20 minutes revêt une signification toute particulière.

Le cas Apple…

Ce qui m’amène à me la question suivante : prendre l’utilisateur pour une vache à lait  et le soupçonner en permanence d’être un pirate potentiel ne l’encourage-t-il pas à ne pas respecter les éditeurs ?

Le couple Apple/iTunes en est un parfait exemple. Pour alimenter ses iPod, iPad, iPhone et autre iProduits en contenus, on est obligé de passer par le logiciel iTunes, que je trouve particulièrement peu ergonomique – qui de plus sur PC est une vraie usine à gaz et rame horriblement.

Apple verrouille : musiques et vidéos achetées sur iTunes sont limitées par des DRM.

Musique et vidéo achetées sur iTunes sont protégés par des DRM qui rendent ces fichiers uniquement lisibles sur les appareils Apple et un nombre limité d’ordinateurs reliés à votre compte iTunes. Vous ne pourrez donc pas les transférer comme bon vous semble vers les divers appareils multimédia dont vous disposez, alors que vous les avez acquis légalement et surtout à un prix normal.

C’est juste prendre les consommateurs pour des pommes (oui je sais c’est facile…) ! Résultat je n’achète plus rien sur iTunes à moins d’y être obligé.

Une nouvelle façon de consommer ?

Cette chronique n’est absolument pas une apologie du piratage, qui rappelons-le est illégal. Reste qu’au fil du temps cette pratique s’est solidement ancrée dans les habitudes de consommation des joueurs, des spectateurs et des auditeurs au point de dépasser désormais largement le cadre des seuls utilisateurs avertis.

Essayer de lutter efficacement contre ce phénomène relève du mythe de Sisyphe. Quelques soient les mesures restrictives mises en place, les chiffres du piratage restent en constante augmentation.

Il faut donc y réfléchir différemment et plus uniquement en termes de répression. Manifestement le piratage n’est pas forcément synonyme de moindres profits et pour beaucoup, c’est une nouvelle façon de consommer et de faire des choix.

Les éditeurs de jeu, les producteurs de musique ou de films quant à eux doivent aussi se poser des questions qui dépassent le cadre du traditionnel adage « nos ventes sont plombées par le piratage ». Au prix actuel des jeux, de la musique, des nouveautés Blu-Ray/DVD ou des places de cinéma, se retrouver face à un nanar ça donne vraiment l’impression de se faire pirater le porte-monnaie.

Jul 292011
 
Ouverture_Nintendo

Aux grands maux, les grands remèdes. Afin de relancer les ventes en berne de la 3DS et tenter d’imposer sa nouvelle console portable sur le marché, Nintendo annonce une baisse de prix de 30 à 40% en Europe, aux Etats-Unis et au Japon, au prix d’une chute de 82% de ses profits par rapports aux prévisions pour 2011.

La 3DS peine à s’imposer même au Japon.

Outre Atlantique le prix de la 3DS passerait ainsi de 249,99 à 169,99 dollars. A cette occasion Reggie Fils-Aime, le CEO de Nintendo of America a déclaré à la presse « pour tous ceux qui hésitaient à acheter une 3DS, voici une excellente occasion de passer à l’acte ».

Pour ce qui est des prix européens, Nintendo Europe avance une baisse de 30% environ du prix de vente aux retailers à partir du 12 août prochain, précisant également qu’ensuite il incombait à chaque revendeur de fixer ses propres tarifs.

Afin de ne pas frustrer tous ceux qui ont déjà payé le prix fort pour acquérir une 3DS, Nintendo proposera une compensation sous forme d’une vingtaine de titres NES et GBA à télécharger gratuitement à condition toutefois de se connecter sur l’e-shop de l’éditeur avant le 12 août, ensuite il sera trop tard.

Nintendo fragilisé…

Entre 2005 et 2009, Nintendo a présenté des résultats financiers à faire pâlir Sony et Microsoft – en matière de jeu vidéo tout du moins. Seulement, depuis deux ans le constructeur et éditeur japonais doit faire face à une situation financière compliquée avec des profits en baisse de 82% par rapports aux prévisions pour 2011.

Le Kinect de Microsoft est venu chasser avec succès sur les terres de Nintendo.

En 2010, Nintendo a commencé à pâtir de l’érosion des ventes de ses deux consoles de jeu et de leurs applications.

Dès la fin 2009 l’effet mode de la Wii s’estompe petit à petit et la tendance a continué à s’accentuer depuis. Le constructeur n’avait manifestement pas anticipé une telle baisse de régime, ou tout du moins une diminution aussi rapide dans la courbe de vie de son produit. Ce phénomène a probablement été boosté par l’arrivée du Kinect de Microsoft et du PlayStation Move de Sony en fin d’année dernière.

La DSi quant à elle subit de plein fouet la concurrence d’un marché des smartphones en pleine explosion emmené par l’iPhone d’Apple.

Même si Nintendo restait largement dans le vert, le  géant de Kyoto terminait 2010 avec un chiffre d’affaires de 1014 milliards de yens (soit 8,5 milliards d’euro) en baisse de 29%, mais surtout un bénéfice net de 77,6 milliards de yens (650 millions d’euro), en repli de 44%.

La PSP devant la 3DS au Japon.

Pour compenser les résultats mitigés de 2010 Nintendo comptait sur le lancement de sa nouvelle console portable : la 3DS.

Malheureusement, malgré un hardware très séduisant et de très bonnes critiques, son prix élevé, la médiocrité de son catalogue de jeu au lancement et la concurrence des smartphones ont fortement contribué à plomber les ventes.

Malgré un très bon départ la 3DS a mis 13 semaines pour atteindre la barre du million de consoles vendues au Japon (il n’en avait fallu que huit pour la DS et la DSi). Passé l’engouement du lancement les ventes n’ont cessé de baisser, résultat, au Japon, la PSP se vend mieux que le nouvelle Nintendo. Au 31 mars dernier la 3DS s’était écoulée à 3,61 million d’exemplaires, alors que le constructeur attendait des ventes supérieures à 4 million.

La fin des années Nintendo ?

 Aux difficultés de la 3DS s’ajoutent selon Nintendo des taux de change peu avantageux entre le Yen et les autres devises, mais également les sommes investies en recherche et développement pour la Wii U présentée pour la première fois en mai dernier lors de l’E3 de Los Angeles.

Au final, les bénéfices prévisionnels annoncés par Nintendo passeraient ainsi de 110 à 20 milliards de yens (soit tout juste 180 millions d’euro), avec des ventes au premier trimestre 2011 en baisse de 50% par rapport à la même période l’an passé.

Les jeux et des licences fortes sont des atouts majeurs pour Nintendo.

On comprend donc aisément l’intérêt de pousser les ventes de la 3DS, car au-delà du hardware, ce sont les jeux qui rapportent de l’argent à Nintendo.

Avec des prix plus abordables que sur les consoles nextgen (entre 30 et 40 euro) les ventes de jeux sur Wii et DS restent des atouts de Nintendo. Il s’est en effet vendu au cours des six premiers mois de l’année 12,3 millions de jeux pour 1,44 millions de DS et 13,44 millions de softwares Wii pour 1,56 million de consoles écoulées.

Quant à la 3DS, il s’est vendu 4,53 millions de jeux au cours du premier trimestre 2011 malgré un catalogue plutôt médiocre et Nintendo compte sur l’arrivée de gros titres comme Super Mario 3D Land et Mario Kart 7 pour ajouter un levier supplémentaire afin de dynamiser les ventes en concordance avec la baisse tarifaire.

Ces ventes de logiciels profitent en plus en majorité à Nintendo qui se taille toujours la part du lion par rapport aux éditeurs tiers.

Quelles perspectives pour Nintendo ?

Outre la volonté d’installer la 3DS et donc de vendre plus d’applications que ce soit via des cartouches, soit en ligne via son e-shop, la carte maîtresse de Nintendo pour l’année à venir reste le lancement de la Wii U.

Nintendo n'a pas le droit à l'erreur au lancement de la Wii U...

C’est un enjeu stratégique et majeur pour le géant japonais du jeu vidéo qui va pour la première fois se frotter à la nextgen et donc se retrouver en concurrence directe avec Microsoft et Sony pour se faire une place dans le salon des consommateurs.

Nintendo ne peut donc pas se permettre de rater le lancement de sa Wii U sous peine cette fois-ci de se retrouver en réelle difficulté…

Jul 052011
 
Papa_Gamer

Dans la vie, il y a de grandes questions existentielles dans le genre de celle de l’œuf et de la poule où comme à « quel âge peut-on jouer à quoi ? ». Suis-je un père (ou une mère) indigne parce que je laisse mon fils de quinze ans jouer à Call of Duty ? Est-ce que Dora et la Princesse des Neiges va lobotomiser ma fille de 4 ans ?

Et GTA dans tout cela ? Doit-on vraiment attendre les 18 ans de sa progéniture qui trépigne d’envie de se jeter depuis ses 12 ans dans l’univers violent et immoral de cette série culte qui est au jeu vidéo ce que Scarface ou les films de gangsters de Tarantino sont au cinéma ? Et dois-je vraiment me cacher pour y jouer et me sentir un peu comme un pervers qui rase les murs pour entrer discrètement dans un sex shop ?

Un ouistiti peut en cacher un autre…

Tiens, cela me fait penser à une anecdote qui date d’il y a quelques années et qui pourrait être mignonne si elle n’était pas révélatrice d’une attitude parentale particulièrement répandue.

Une amie faisait garder son fils de cinq ans chez une nounou dont le gamin du même âge possédait une PlayStation 2. Ils avaient pris l’habitude de jouer quotidiennement à « Ouistiti ». C’était vachement cool « Ouistiti », sûrement une petit jeu mignon tout plein conçu pour un jeune public avec de petits singes facétieux faisant plein de pitreries.  Un jeu de plateforme ? Un éducatif peut-être ?

Oui, on a tous du mal à ne pas voir notre progéniture comme autant de génies en herbe, fascinés par des ludo-éducatifs particulièrement bien conçus pour draguer les parents et les conforter dans cette idée d’avoir peut-être donné naissance au Einstein du 21ème siècle.

Les ludo-éducatifs, c’est un peu comme les cahiers de vacances – d’ailleurs, maintenant les éditeurs publient directement des cahiers pour adultes, c’est plus simple. Parce que ne vous faites aucune illusion, placez votre gamin aussi génial soit-il devant un rayon de jeux vidéo, je vous parie ma chemise que ce n’est pas vers Adibou qu’il va se diriger…

Mais revenons à nos ouistitis. A force d’entendre parler de ces petits singes, ma copine a fini par demander à son fils ce qu’il faisait quand il jouait à « Ouistiti ».

« Et bien on pique des bagnoles, on tue des flics et on écrase gens. C’est super Ouistiti, je voudrai avoir une Play 2 pour y  jouer à la maison… »

En fait de gentils petit singes facétieux, la nounou de son copain de cinq ans avait acheté à son fils GTA : Vice City. « Vice City » s’était alors transformé dans la bouche des enfants en « Ouistiti ».

 

Oups. Houston we got a problem…

Comment une mère de famille peut-elle acheter un jeu estampillé PEGI 18+ à son fils de 5 ans et le laisser y jouer sans se poser de questions ? Pensait-elle que ce gros 18 dans un carré blanc entouré de noir – un code typo et couleur bien anxiogène et peu ambigu – indiquait le nombre de joueurs, le temps de jeu ou était là juste pour décorer ? Peut-être achetait-elle aussi des films X à son fils ? Non, pas des films X, c’est pas pour les enfants voyons !

Alors pourquoi acheter un jeu 18+ crétine ! Tout simplement parce que c’est un jeu, donc un truc pas sérieux, une sorte de jouet. Et un jouet ça ne peut pas être pour les adultes. C’est bête, parce que justement un jeu vidéo si.

Je ne suis pourtant pas un ayatollah du PEGI, mais ce genre d’attitude irresponsable me rend dingue. Certes, ce n’est pas toujours simple de s’intéresser à ce qu’il y a dans un jeu vidéo. C’est tellement plus facile de coller son gamin devant sa console pour avoir la paix deux ou trois heures… et tous les parents savent bien que parfois on donnerait n’importe quoi pour avoir la paix deux ou trois heures. Si, si, je vous jure, même si on adore ses enfants.

De Mass Effect à Modern Warfare

En plus, il y a des PEGI 16 ou 18 qui selon moi sont surclassés. Je pense par exemple à la polémique qu’il y eu il y a trois ans sur Mass Effect. Cet excellent mix shoot/RPG de SF a reçu l’estampille adulte parce qu’il y a une scène en fin de jeu où l’on peut faire des galipettes avec une jolie extra-terrestre. Enfin des galipettes, en fait il y a juste une scène où l’on s’embrasse et où on voit furtivement un joli sein bleu… Les trois premiers titres de la série Halo constituent aussi un bon exemple de jeux qui à mon sens ne méritent pas l’estampille PEGI 16 – ce qui n’est pas forcément le cas d’ODST et de Reach dont l’intensité dramatique est plus intense. Je trouve que c’est même une bonne entrée en matière pour aborder les jeux de shoot vers 11/12 ans.

Les Call of Duty et plus particulièrement les trois derniers me paraissent eux nettement plus violents, parce que beaucoup plus réalistes, même si là encore l’estampille PEGI 18 est un peu exagérée. Mais au-delà du problème de la violence, c’est plus l’idéal véhiculé par les Modern Warfare qui me dérange, on y flirte plus que souvent avec une propagande très primaire. Notez cependant que j’ai remarqué que mon fils et ses copains étaient tous littéralement scotchés par le multi, la campagne solo ne les intéresse que pour débloquer certains mods ou objets. La propagande semble leur passer à 22 000 pieds au-dessus de la tête.

Je trouve aussi étonnant qu’il n’y ait pas plus de rapprochement avec les classifications PEGI et celles de la TV et du cinéma. Pour les œuvres audiovisuelles, les limitations sont : déconseillé aux moins de 10, 12 ou 16 ans et seuls quelques films ultra violents ou vraiment morbides reçoivent le label interdit au moins de 18 qu’ils partagent logiquement avec les films X.

A chacun d’essayer de trouver le juste milieu…

Après, c’est aussi une question personnelle. Je me rappelle quand mon fils était encore tout petit. Je ne voulais pas trop lui acheter de pistolet en jouet, jusqu’au jour où je me suis rendu compte qu’au parc il ramassait n’importe quel bout de bois coudé pour en faire une arme et jouer à la guerre avec les autres enfants.

Pour ma part, l’important c’est faire un effort pour savoir ce qu’il y a sur la galette ou dans la cartouche que vous achetez – enfin peut-être pas pour Léa Passion Vétérinaire… Je Dialogue avec mon fils, et je me tiens informé de ce à quoi jouent ses copains et à quel rythme. Chaque fois que je le peux, je lui rabâche que le jeu vidéo, ce n’est pas la réalité, c’est juste un jeu, qu’en vrai les armes c’est dangereux et la guerre c’est crade. On a aussi visionné ensembles vers 12 ans Band of Brothers et plus récemment The Pacific. Voir des types qui à plus de soixante-dix ans pleurent encore en racontant leurs souvenirs de guerre ou les cauchemars qu’ils continuent de faire, je vous jure, ça calme même un ado cyberwarrior en mode j’me la pète.

Mais revenons à GTA…

J’avoue avoir autorisé pour la première fois mon fils à jouer cet été à GTA IV. Il a 15 ans et finalement il y passe assez peu de temps. Non pas que ça ne lui plaise pas, mais il préfère utiliser son crédit jeux vidéo sur World of Warcraft. Je ne dis pas que cela m’enchante particulièrement, et en même temps ça ne m’empêche pas de dormir. J’ai terminé le jeu et je sais ce qu’il contient, c’est toujours quatorze fois moins violent qu’un JT et cent fois moins amoral que le genre d’émission de télé réalité dont les jeunes de son âge sont plus que friands.

Car au final, il faut trouver le juste milieu, il ne s’agit pas non plus à mon sens de déconnecter complètement son gamin de ses amis. Par contre, quand j’interdis un jeu j’en explique les raisons, autrement je sais pertinemment qu’il  ira y jouer chez quelqu’un d’autre et cela sans aucun contrôle…

 

 

 

 

 

Jul 012011
 
Steam

Bonne nouvelle pour tous les accros de jeu sur PC – les autres peuvent manger leurs manettes ou investir dans un ordi… Steam vient d’ouvrir ses célébrissimes soldes d’été de sa boutique en ligne.

Le Camp d’été Steam propose des animations estivales comme des jeux concours pour gagner tous les titres du top 10 de sa liste de souhaits, mais surtout des promos quotidiennes.

Des exemples peut-être ? Parce que j’en entends déjà quelques un dire oui c’est que des vieux trucs, du réchauffé et j’en passe et des meilleurs. Et bien, non au programme des nouveautés The Witcher 2 est aujourd’hui à 33,49 euros.

Pour les budgets plus serrés et les PC moins musclé offrez-vous du Blood Bowl Legendary Edition à 13,59 euro, du Oblivion à 6,80 euro ou encore du Borderlands Game Of The Year Edition à 12,50 euro.

Enfin, avant de tomber d’inanition je terminerai cette news par deux énormes compils : le mythique Valve Complete Pack à 44,96 euro. Un bundle qui vous permettra de rattraper d’un coup 15 ans de jeux vidéo (on ne sait jamais des fois que vous ayez passé la dernière décennie dans un caisson cryogénique) contenant tout Counter-Strike, tout Half-Life (le 1 et le 2 avec tous les épisodes et extensions), l’intégrale de Portal (1 et 2), de Left4 Dead (1 et 2), Ricochet et tout Team Frotress.

Si toutefois les shooters ne sont votre tasse de thé, il y a dans le même genre l’énormissime THQ Hit Collection (aussi à 44,96 euro), soit : l’excellent Company of Heroes + Opposing Front, Darksiders, Homefront, Metro 2033, MTX vs ATV Reflex, Red Faction Guerilla, le génialissime S.T.A.L.K.E.R. : Shadow of Chernobyl, Saints Row 2, titan Quest + Immortal Throne, Warhammer 40K : Dawn of War II + Retribution + Chaos Rising pour les fans de Games Workshop !

Ah oui, j’ai oublié de vous dire, il ne vous reste que quelques heures avant qu’une partie de ces offres cèdent leur place à d’autres alors ne restez pas indécis pendant trois jours !

 

Jun 302011
 
Kinect

Beaucoup se sont accordés à dire que la conférence de Microsoft lors de l’E3 était plutôt médiocre, notamment à cause d’un manque flagrant de véritables nouveautés. Cela a quelque peu occulté la présentation d’un Kinect plutôt boosté.

Le multicapteur qui fait un carton depuis sa sortie et qui permet de jouer et de naviguer sans manette sur sa Xbox 360 est encore sous-exploité. Il ne cesse en fait d’évoluer et Microsoft vient de confirmer que Kinect était déjà bien plus précis que lors du lancement de l’appareil à la fin de l’année dernière.

On pouvait s’en douter à la vue des différentes démos faites lors de l’E3 à Los Angeles il y a quelques semaines. Nos confrères d’Eurogamer UK ont discuté avec David Dennis, un senior product manager sur Xbox et ce dernier leur a confirmé « que certaines démos présentées à l’E3, comme celle de Kudo avec Kinect Fun Labs et notamment le concept du Kinect finger tracking, ont été rendues possibles uniquement grâce aux progrès faits en matière de précision sur le périphérique ». Il est aussi revenu sur la démo d’Ubisoft concernant l’armurerie de Ghost Recon : Future Soldier précisant que «qu’utiliser sa main pour faire feu dans le stand de tir, c’est ce genre de choses que l’on va reproduire».

Il apparaît évident que Microsoft va continuer à upgrader le couple Kinect/360 dans les mois et les années à venir. Jusque là Kinect était encore loin des premières démos faites lors de l’E3 2009, lorsque Peter Molyneux en personne avait notamment présenté « Milo ». Désormais, le capteur reconnaît la voix, les mouvements des doigts et offre de plus en plus d’options dans les jeux gamers.

Il faut aussi regarder du côté des développeurs indépendants. Dès sa sortie, Kinect a suscité beaucoup de curiosité et la communauté indie s’est rapidement emparé du périphérique pour créer tout un lot d’applications originales. Microsoft avait donc annoncé en février dernier l’arrivée d’un kit de développement, il est désormais disponible depuis le 16 juin. Ce SDK donne accès au capteur (depth sensor data), au skeletal tracking pour une ou deux personnes ou au point tracking pour jusqu’à six individus, au système audio basé sur quatre micros audio, et à la même de reconnaissance vocale utilisée exclusivement dans la Xbox 360.

Pour accompagner cela, Microsoft a également lancé le blog Coding4Fun où les développeurs peuvent parler et échanger à propose de leurs projets.

Alors, certes, la conférence de Microsoft de cette année manquait peut-être de grosses nouveautés, certes, elle était plutôt orienté casual avec ses nouvelles options de navigation et de réseaux sociaux, mais je peux vous assurer que pour les joueurs de ma génération, qui ont connu les premiers Star Trek où les membres de l’Enterprise disaient « ordinateur » pour que celui-ci s’allume, les nouvelles fonctionnalités de Kinect sont déjà comme un avant-goût de science fiction.

 

Jun 292011
 
WoW_4_2

Les accros de WoW l’attendent depuis un petit moment déjà, d’autant que Blizzard soufflait un peu le chaud et le froid sur le sujet. Mis à part les 6 Go de téléchargement en tâche de fond qui s’affichaient sur le launcher au démarrage on ne pouvait que spéculer sur la date de sortie de la version 4.2. Jusqu’à hier tout du moins…

La rumeur allait déjà bon train, mais surtout Blizzard annonçait pour ce matin une maintenance étendue synonyme de déploiement d’un gros patch, c’est désormais affiché de manière officielle sur battle.net.

Intitulée « Rage sur les Terres de Feu », la version 4.2 apporte pas mal de nouveautés à Cataclysme à commencer par un nouveau raid et le retour d’un boss mythique de WoW : Ragnaros. Bien sûr vous y trouverez aussi de nouvelles quêtes et tout un lot de 12 nouveaux sets d’armure épiques (notez que certains d’entre eux comme celui du guerrier, du chasseur ou du démoniste affichent un super look).

Côté matos toujours, notez l’arrivée d’une nouvelle arme légendaire, un bâton destiné aux lanceurs de sorts : le Courroux du dragon, le Repos de Tarecgosa qui selon Blizzard « reproduit les magies destructrices et octroie à son porteur la capacité de se transformer en un membre du Vol bleu ». Tout un programme ! Enfin pour les chanceux qui réussiront à trouver et rassembler les morceaux de l’objet. Certains ayant usé plus d’un clavier à essayer de récupérer les précédentes armes légendaires sans avoir la chance de voir tomber le morceau qui leur manquait…

Comme pour chaque mise à jour, il va y avoir certaines modifications dans les arbres de compétences des classes de personnages, et certaines vont être rééquilibrées. Il ne devrait cependant pas y avoir de changements majeurs pour la plupart d’entre elles, en tous cas pas de façon comparable à l’implémentation de Cataclysme.

Rajoutez à cela une nouvelle saison PVP et les armures qui vont avec, ainsi que de nouvelles montures et vous aurez un bon tour d’horizon des nouveautés.

Si vous voulez en savoir plus vous pouvez toujours aller sur le site officiel de Blizzard.

Jun 282011
 
Best_of_E3

Les vainqueurs de l’édition 2011 des Game Critics Awards: Best of E3 viennent d’être révélés. Ils ont été désignés suite aux votes de 35 publications (qui vont de 1UP à USA Today en passant par Associated Press, Gamespot, IGN, Kotaku, MTV,  etc.).

2K se taille la part du lion dans ce palmarès : Bioshock Infinite remporte plusieurs catégories dont celle de meilleur jeu de l’E3. Bethesda se place également en bonne position avec The Elder Scrolls V – Skyrim, tout comme EA avec Battlefield 3.

La liste complète des gagnants est la suivante :

Meilleur jeu du salon : BioShock Infinite
Irrational Games/2K Games – Palteformes : PC, PS3, Xbox 360

Meilleur jeu original : BioShock Infinite
Irrational Games/2K Games – Palteformes : PC, PS3, Xbox 360

Meilleur jeu console : The Elder Scrolls V – Skyrim
Bethesda Game Studios/Bethesda – Plateformes : PS3, Xbox 360

Meilleur jeu portable : Sound Shapes
Queasy Games/SCEA – Plateforme : PSVita

Meilleur jeu PC : BioShock Infinite
Irrational Games/2K Games – Plateformes : PC, PS3, Xbox 360

Meilleur hardware : PlayStation Vita
Sony Computer Entertainment

Meilleur jeu d’action : Battlefield 3
DICE/EA Games – Plateforme : PC

Meilleur jeu d’action/aventure : BioShock Infinite
Irrational Games/2K Games – Plateformes : PC, PS3, Xbox 360

Meilleur RPG : The Elder Scrolls V – Skyrim
Bethesda Game Studios/Bethesda – Plateformes : PS3, Xbox 360

Meilleur jeu de baston : Street Fighter X Tekken
Capcom – Plateformes : PS3, Xbox 360, PSVita

Meilleur jeu de course : Forza 4
Turn 10 Studios/Microsoft Studios – Plateforme : Xbox 360

Meilleur jeu de sport : FIFA Soccer 12
EA Canada/EA Sports – Plateformes : PC, PS3, Xbox 360

Meilleur jeu de stratégie : From Dust
Ubisoft Montpellier – Plateformes : PC, PS3, Xbox 360

Meilleur Social/Casual Game : Sound Shapes
Queasy Games/SCEA – Plateforme : PSVita

Meilleur « Motion Simulation Game » : The Legend of Zelda – Skyward Sword
Nintendo EAD – Plateforme Wii

Meilleur jeu online : Battlefield 3
DICE/EA Games – Plateformes : PC, PS3, Xbox 360

 

 

 

Jun 282011
 
Mobile_gamig

Les jeux dématérialisés seraient-ils en passe de remplacer nos bons vieux CD, DVD, cartouches et autres Blu-Ray ?

L’explosion du marché des smartphones tracté par la locomotive iPhone et l’arrivée en masse des tablettes sont en train de changer plus rapidement qu’on ne le pensait le marché du jeu sur support physique.

C’est en tous cas ce que tend à montrer la dernière étude de l’institut américain de sondage NPD qui s’est intéressé au marché outre-Atlantique. Selon elle, les utilisateurs d’appareil digitaux achètent plus de jeu que n’importe quelle autre catégorie de joueurs.

L’étude précise notamment que les « digital gamers », c’est-à-dire ceux qui s’amusent sur des appareils dont les jeux doivent d’abord être téléchargés, achètent en moyenne 5,9 titres par trimestre contre 5,4 pour les core gamers.

Certes, avec 18 heures par semaine, les joueurs purs et durs consacrent plus de temps à leur activité favorite que les autres profils de joueurs, mais l’écart n’est pas aussi important qu’on pourrait le croire de prime abord, puisque ces derniers jouent en moyenne 16 heures par semaine.

La répartition des typologies de joueurs est elle aussi surprenante. Si les core gamers restent le groupe le plus important (23% des sondés), les enfants et ceux qui jouent en famille représentent 22% des personnes interrogées. Les joueurs sur PC, qu’ils soient accros ou occasionnels ne représentent que 15% des sondés.

NPD prétend que désormais plus d’un tiers du contenu vidéoludique est acquis de façon dématérialisée par les joueurs soit via consoles, PC, smartphones et autre appareils électroniques.

Plus intéressantes encore sont les conclusions du sondeur « en 2011 le nom du jeu semble être le critère de choix. Les joueurs s’orientent de manière significative vers des façons de jouer qui sont différentes de celles que l’industrie imaginait », en effet, toujours selon NPD : « porté par la croissance du marché des smartphones et des tablettes, le jeu mobile continue d’augmenter, les notions de jeu et de joueur elles-mêmes sont en train de changer ce qui reflète l’évolution rapide de l’industrie ».

La distribution dématérialisée a donc de beaux jours devant elle. Elle risque bien d’enterrer les bons vieux supports physiques, surtout qu’à l’argument technologique s’ajoute aussi celui de la lutte contre le piratage.

La vente de jeux en téléchargement offre pour les éditeurs des garanties supérieures en matière de sécurité. Si Steam fait office de pionnier dans ce domaine, on se rend compte que de plus en plus les constructeurs de consoles et éditeurs font appel à des boutiques en ligne. C’est notamment le cas de Nintendo qui a beaucoup mis en avant le téléchargement sur DSi/3DS lors de sa présentation à l’E3. Une manière pour eux de lutter contre les R4 et autres Linkers qui pullulent jusque dans les cours de récréation.

Jun 282011
 
papagamer_2

Gamer et père de famille. Une situation parfois aussi inconfortable que d’affronter le boss de fin d’un jeu une main attachée dans le dos : difficile de trouver la juste mesure entre le papa copain et le père fouettard! Surtout quand on joue avec son ado de fils à World of Warcraft…

Dans la vie, il y a des grands moments de solitude : le premier râteau avec une fille, la fois où l’on se lâche avec ses potes sur le prof de maths sans se rendre compte qu’il vient juste d’arriver derrière soi ou lorsque pour la première fois lors d’une conférence de presse un jeune journaliste vous appelle « Monsieur »…

Avec les enfants aussi il y a plein de grands moments de solitude, croyez moi. Ainsi, il y a quelques jours, au petit déjeuner, je me trouvais face à l’ado de 15 ans qui me sert de fils et qui, relevant la tête après avoir trempé un Prince dans son mug de Cécémel chaud, me demande nonchalamment : « Papa je peux faire un raid dans World of Warcraft dimanche soir avec une nouvelle guilde pour me tester en hard mode ? ».

Je dissimule un tic nerveux, ravale une subite montée de stress, rapidement submergée par un tsunami de désespoir. Je respire un grand coup et je me hasarde à tenter une réponse calme et posée teintée d’une pointe d’hypocrisie assumée : « Euh, tu n’as pas d’examens lundi matin ? ». Je connais pertinemment la réponse, j’ai le planning des exams devant moi, pendouillant sous une magnet Star Wars sur le frigo : 8h lundi épreuve de néerlandais, 10h biologie.

Le néerlandais en plus ! Il faut vous avouer que l’on est français à la base.. Nous sommes Bruxellois depuis deux ans et donc, le néerlandais pour mon fils, c’est pas un truc logique, c’est aussi incongru que d’apprendre la plongée sous-marine à un touareg. Je le soupçonne en prime d’y mettre une pointe de mauvaise volonté. Bref, en tous cas, jouer dimanche soir jusqu’à minuit passé en ayant des examens lundi matin, lui ne voit pas où est le problème… moi si !

Génération Pong

Et oui, je fais partie de ces gamers qui ont vécu leurs premiers émois vidéoludiques devant une console Pong dans les années 70, et qui ont désormais dépassé le cap de la quarantaine. Ah ! Les années 70, un temps que les jeunes videogamers ne peuvent pas connaître, où l’on portait des pantalons pattes d’eph en velours côtelé orange, où les premiers caméscopes pesaient huit kilos, étaient reliés par un fil à un ancêtre de magnétoscope gros comme une valise que l’on était obligé de se trimbaler en bandoulière. J’oubliais aussi, il n’y avait pas de GSM, les téléphones avaient des cadrans et la plupart des télés étaient en noir et blanc, ce qui, pour Pong en l’occurrence, n’était pas vraiment gênant.

Les gosses scotchés par le va et viens de ce petit point blanc entre deux barres de même couleur sur un fond d’écran désespérément noir ont grandi. Ils ont connu Donjons & Dragons et des machines Atari, Nintendo, Sega, Amstrad et autres Commodore, le ZX80, les premiers PC, la PlayStation, la GameBoy, puis les consoles nextgen. Sans vraiment voir le temps passer, ces enfants dont les parents se demandaient désespérés ce que leur progéniture allait devenir en les voyant perdre leur temps devant tous ces écrans au lieu de s’adonner à de vraies activités, ont grandi. Ce sont maintenant des quadras, des pères et des mères de famille. Certains, comme moi, ont même gardé une âme de grand enfant et le jeu fait toujours partie de leur vie quotidienne et de leur culture.

Ce qui nous ramène donc à ce fameux grand moment de solitude, dans ma cuisine, face à mon fils. « C’est pô juste, j’peux jamais jouer, j’vais pas trouver de guilde pour raider, et j’vais plus pouvoir jouer à WoW », tirade qui induit aussi la brochette des « à cause de vous » sous-jacents : j’suis le gamin le plus malheureux du monde, j’vais rater ma vie et cætera, et cætera. Dans ce cas, quand je me fends, l’air compatissant de ma sentence habituelle mais néanmoins définitive : « oui je sais, la vie est injuste ».

Et pourtant tout cela a une explication scientifique…

Jusqu’à récemment, ce genre de situation avait tendance à me déprimer. Puis je suis tombé, par hasard, à la télévision sur une émission scientifique consacrée à l’adolescence. Elle présentait les dernières avancées en matière dans les neurosciences qui montrent que deux régions du cerveau impliquées dans la perception de la peur (les amygdales cérébrales et l’hippocampe) affichent une activité réduite chez les ados.

Cela explique qu’ils mesurent mal le risque et le danger. Ils sont donc capables de sauter d’un toi sur un skate pour épater leurs potes et publier une vidéo trop cool sur YouTube, sans vraiment voir le risque encouru. Tout comme mon fils est capable de me demander la veille d’un examen s’il peut jouer à WoW la moitié de la nuit, sans se rendre compte du danger qui le menace…

Deuxième caractéristique propre à cette tranche d’âge : l’ado a beaucoup de mal à se fixer de limite quelle que soit l’activité qu’il pratique (hormis bien entendu les devoirs ou le rangement de sa tanière). Ainsi lorsqu’il vous dit j’arrête à minuit, traduisez par : vers une heure du matin je vais commencer à envisager d’arrêter dans les deux heures qui suivent… Bref, allez jeter un œil dans son antre vers 11h30 pour lui dire que c’est bientôt l’heure d’arrêter, ça peut éviter quelques frictions…

Nonobstant ces quelques effets indésirables, je ne regrette nullement ma décision il y cinq ans d’avoir laissé mon fils jouer à World of Warcraft. Attention, ne croyez surtout pas qu’il ait un accès libre au jeu. Il était au départ limité à une heure de jeu le mercredi, le samedi et le dimanche. Exceptionnellement un peu plus pendant un congé. Ce n’est que depuis quelques mois qu’il a en prime l’autorisation de jouer soit le vendredi soir, soit le samedi soir pour faire un raid. A condition bien sûr qu’il se soit correctement comporté et qu’il ait rempli le minimum syndical à l’école. Il ne faut pas non plus rêver, s’il fallait qu’il ait au dessus de 14 de moyenne pour pouvoir allumer son ordi, il ne saurait toujours pas comment le faire.

Au final, je dresse cependant un bilan qui va à contresens de ce que beaucoup racontent sur les jeux vidéo et les jeux massivement multijoueurs en particulier. WoW est pour nous une occasion de jouer de ensemble, de discuter (et de nous engueuler parfois aussi…). Cela a permis à mon fils de côtoyer des joueurs plus âgés que lui et qui attendaient de lui un comportement mature, et surtout d’appréhender un bon nombre de sujets qui font partie du quotidien d’un ado. Je pense au chat par exemple et à ce que l’on peut dire ou ne pas dire en ligne à des gens que l’on ne connaît pas. Quel meilleur exemple qu’un MMORPG où son propre père incarne une paladine pin-up dans le monde virtuel pour montrer que n’importe qui peut se cacher derrière n’importe quel avatar. Quant au système de guilde, ne reproduit-il pas ingame le modèle des réseaux sociaux du Web ?

Hors le fait d’avoir réussi à taxer régulièrement de l’argent virtuel à tout le monde dans notre guilde – jusqu’à ce qu’au cours d’une discussion entre joueurs on se rende compte que chacun le subventionnait sans savoir que les autres en faisaient de même – à 11 ans mon fils a très vite compris quelques notions économiques plutôt complexes comme le fonctionnement des ventes aux enchères et le principe de plus-value commerciale. En prime, à force de chater comme un malade – je me dois de préciser que mon fils est bi-classé bavard invétéré – il tape presque aussi vite que moi et ne fait presque plus de fautes d’orthographe. Il se débrouille aussi très bien pour organiser ses propres raids et diriger un groupe de joueurs dont certains pourraient même être son grand-père…

What else ? Comme dirait un sympathique philosophe hollywoodien reconvertit à la pub pour des capsules de café. Ah, si, je ne sais pas si je vais permettre à mon fils de lire de cette chronique. Il serait capable d’en profiter pour négocier du temps de jeu supplémentaire… Quoique… Il me vient une petite idée qui pourrait concilier l’utile à l’agréable… Et si je migrai son compte vers un serveur néerlandophone? ^^ Je suis sûr qu’il ferait des progrès linguistiques à la vitesse de la lumière. Quoi ? C’est cruel ? Non, pas tout, c’est pragmatique. De toutes façons, comme vous le savez sûrement, la vie est injuste!