
Premier jeu AAA du jeune studio inXile de Brian Fargo, on attendait Hunted au tournant. Avec un score de 57% sur Metacritic, et différents tests unanimes qui le descendent dans la presse, je ne m’attendais pas, a priori, à un chef d’oeuvre.
Quoi ? Je me fie à la presse vidéo-ludique pour me faire un avis ? Absolument pas! D’ailleurs, les avis des joueurs que ces sites recueillent sont souvent plus parlants et reflètent bien mieux la qualité d’un titre que celui des journalistes. Là, c’est nettement moins tranché.
Qu’avons-nous donc au menu de “The Demon’s Forge” sur PS3 ?
Après un cauchemar, le mercenaire Caddoc se réveille près de son feu de camp, tandis que son associée, l’elfe E’Lara le chambre un peu, comme à l’accoutumée. Leur rencontre fortuite avec la mystérieuse Seraphine va bousculer leurs habitudes. En échange d’une récompense à la hauteur de leur rêves les plus fous, Seraphine leur demande de rejoindre la ville de Dyfed, sous le feu des cruels Wargs, pour venir en aide à son père, seigneur de la ville. La dernière demande de Seraphine les laisse cependant perplexes : ils ne doivent pas parler d’elle quand ils le rencontreront.
Autant jouer cartes sur table : ce n’est pas du côté du scénario que Hunted tire sa substantifique moelle. Un univers Dark Fantasy, une elfe, un mercenaire, des orcs (nommés wargs ici) l’mbiance fait le reste. Après un premier niveau nous apprenant les bases du jeu, très axé coopératif, on se retrouve plongé dans la crasse des ruines de Dyfed, massacrant des hordes de wargs malfaisants, sauvant ici et là un prisonnier à travers un dédale de rues. Coopératif je disais, car vous incarnez au choix Caddoc ou E’Lara, que vous pouvez interchanger au moyen d’autels placés à travers les niveaux. Pas moyen de passer de l’un à l’autre facilement, les autels étant assez rares finalement. Le style de jeu varie suivant le personnage incarné. Si Caddoc excelle au corps à corps avec des armes puissantes et des coups spéciaux ravageurs, E’Lara domine le combat à distance armée de son arc et de ses sorts élémentaires. Chaque protagoniste possède une arme de corps à corps et une arme à distance, mais globalement, chacun a un job de prédilection. Vous vous en rendrez assez vite compte, ce n’est pas parce que Caddoc est une montagne de muscles qu’il est invulnérable aux coups de ses ennemis. Il va falloir jouer du bouclier pour parer les coups et contre-attaquer rapidement si on ne veut pas finir à terre en quelques secondes. Si E’Lara est équipée d’une épée et d’un bouclier, c’est d’avantage pour repousser les assauts ennemis et attendre l’aide de son compagnon que pour faire de réels dégâts…
Si ils jouent un rôle important, les boucliers subissent aussi des dégâts et vous serez amené à en changer très régulièrement avec ceux trouvés par terre ou sur les cadavres ennemis. Attention donc à ne pas trop les amocher en tapant dessus, si le vôtre commence à faiblir. Les flèches sont également limitées, mais vous pouvez en trouver un peu partout pour recharger votre stock. Certaines armes sont un peu plus spéciales en cela qu’elles déclenchent parfois un effet magique, augmentant les dégâts, mais ces charges magiques étant également limitées, veillez à ce que l’arme “vidée” ne ressemble pas à un bête bout de bois… Tout au long du jeu, vous pourrez utiliser une “Death Stone” de Seraphine sur des cadavres pour en savoir plus sur leur mort et leur histoire. Ces petits passages vous en apprennent sur les conflits précédents, et indirectement sur celui en cours. Néanmoins, ici aussi, l’humour est de la partie, certains cadavres vous contant parfois des histoires complètement absurdes, notamment sur des poulets fous furieux…
Caddoc et E’Lara n’ont que peu de mouvements disponibles au début, mais en glanant des larmes de dragon ça et là, ils seront en mesure d’augmenter leurs pouvoirs, à raison de 3 coups spéciaux et 3 attaques magiques, toutes améliorables sur 3 niveaux. Malheureusement, il vous faudra – par personnage – sélectionner au maximum 4 mouvements affectés à la croix directionnelle du pad. Une fois le chapitre deux atteint, les choses commencent à changer. Les ennemis sont moins nombreux à la fois, mais plus résistants. Armés de boucliers, de bombes, ou se téléportant, ils vous forcent petit à petit à ne plus jouer en solo, mais à tirer parti des attaques combinées. Par exemple, Caddoc peut déclencher un sort faisant léviter les ennemis autour de lui, laissant le loisirs à l’elfe de mettre le feu à tout ce petit monde, avant qu’ils ne se retrouvent fracassés contre le sol. Les ennemis se défendent bien et leurs boucliers sont solides. Parfois bien trop pour les coups du mercenaire. E’Lara est alors capable d’envoyer une flèche de glace qui ira geler l’armure, voire tout le corps de l’ennemi, permettant à Caddoc de le massacrer dans la joie et l’allégresse. Si l’un venait à trépasser, il est possible de le ranimer à distance directement en lui lançant une potion… si tant est que vous en ayez une en réserve.
Contrairement à ce que nous pourrions penser, sous sa masse de muscles, Caddoc est un être qui privilégie la réflexion à l’action, au contraire de sa comparse, impulsive et désinvolte. Au fur et à mesure du jeu, si le scénario s’avère au final assez peu prenant, on se surprend à avoir de la sympathie pour ces deux héros improbables, motivés uniquement par une énorme récompense (situation donnant lieu parfois à de croustillants dialogues) et rivalisant d’un humour grinçant l’un envers l’autre. Petites moqueries, joutes verbales, remarques désobligeantes, Caddoc et E’Lara ont tout d’un vieux couple sans en être un. Ce sont finalement les petites situations entre eux qui font tout le charme de “Hunted”. Merci à Natural Born Player(s) de m’avoir envoyé une version anglophone et non pas française, le doublage de cette dernière étant complètement à la ramasse, contrairement aux voix originale, dans le ton.
Le jeu se veut très sombre, à l’exception d’un ou deux niveaux. Il est heureusement possible de mettre le feu à ses flèches pour éclairer sa route. Assez classiques dans l’ensemble, et souffrant d’une modélisation plutôt basique, ils sont agréables à parcourir, des villes dévastées aux mystérieux donjons en passant par les luxuriantes forêts. Les niveaux sont très longs, et c’est là pour moi un défaut du titre. Si les points de sauvegarde automatiques sont relativement récurrents, chaque niveau demande un long moment pour être bouclé. En solo, cela ne pose pas trop de problème, mais Hunted est aussi un jeu multijoueurs en local ou sur Internet. Il est dés lors contraignant de bloquer de longues heures non-stop pour faire une petite partie entre amis, quand on connait les difficultés de disponibilité habituelles des joueurs sur Internet (les adeptes des MMO me comprennent). Mais le multijoueur a le mérite de relever le challenge global du jeu. Dans le jeu solo, l’intelligence artificielle de votre coéquipier est assez bonne. Ayant majoritairement joué la belle archère E’Lara, j’ai laissé le soin à la machine de prendre le contrôle de Caddoc, et il a été agréable de le voir réagir de façon intelligente aux différentes situations. S’il est possible de demander à son coéquipier d’effectuer une action (pousser un bloc, enflammer quelque chose…), nous n’avons aucune prise sur le reste de ses décisions. Le voir se mettre à couvert, soigner vos blessures ou changer ses armes et boucliers pour de meilleurs équipements facilite grandement l’aventure solo, d’autant qu’il a un stock illimité de potions pour vous sauver la mise. En ligne, la coopération est primordiale, il est presque impossible de progresser en ignorant son équipier. Les ennemis frappent fort, sont souvent en sur-nombre et ont tendance à surgir de partout. Il vaut donc mieux jouer avec un ami qu’avec un inconnu. Et encore… un bon ami, sous peine de mourir toutes les 10 minutes ou de gâcher vos précieuses potions de soin pour maintenir en vie un imbécile qui fonce dans le tas sans réfléchir (oui, je suis dur avec les joueurs en ligne…).
Au centre de l‘histoire, un étrange breuvage, le Sleg, capable de décupler la puissance de celui qui le boit, mais aux effets secondaires inquiétants. Alors que les Wargs semblent en être dépendants, les faisant muter en une race améliorée, Seraphine vous confie qu’il serait idiot de ne pas se servir d’un tel pouvoir en cas de besoin. Ainsi, vous trouverez parfois sur votre route une ration de Sleg que vous pourrez boire avant de vous faire submerger sous un flot d’ennemis. Concrètement, le Sleg vous rend plus fort, invulnérable et capable d’utiliser vos capacités sans limite. S’en suit en général un carnage dans les rangs Wargs. Mais comme vous le savez, prenez garde aux conséquences…
Autre aspect amusant, le jeu regorge de petits chemins alternatifs, qui proposent des énigmes menant souvent à des trésors ou des armes spéciales. Totalement facultatifs et cachés, ces passages donnent un peu de fraîcheur à un titre tout de même fort linéaire. Si d’aventure vous étiez perdu, une simple pression sur une touche envoie un petit traceur vous indiquant la voie à suivre, ou l’objet à utiliser. Pratique, certes, mais un peu trop “facile”.
L’argent que vous récolterez sur votre route ne sert pas à grand chose, si ce n’est à débloquer de quoi construire vos propres niveaux en y indiquant ennemis et pièges, puis en laissant faire la génération automatique. Petit plus sympathique pour ceux désirant prolonger l’aventure entre amis.
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Au final, qu’ais-je pensé de “Hunted The Demon’s Forge” ? Et bien, que je n’en attendais pas grand chose et que le début a été laborieux. Mais une fois cette étape derrière moi, j’ai pris plaisir à visiter les ruines étranges, à voir se chamailler E’Lara et Caddoc, à tester leurs capacités, à massacrer leurs ennemis avec une belle impression de puissance, à vaincre des boss parfois bien retords et adaptés à l’univers, et à suivre au final une aventure plaisante, un peu légère, dans la veine des films d’aventure comme “Conan”.
Editeur : Bethesda Softworks
Développeur : inXile Entertainment
Type : Action-RPG
Multijoueurs : Oui
Classification : Interdit aux – de 18 ans
Testé sur PS3
Auteur: Titiks







































Même si le passage entre les différentes salles est (presque) toujours le même, les salles sont on ne peut plus différentes les unes des autres avec parfois de la gelée, des jumps, de la vitesse et surtout beaucoup de casse-tête… Vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Et pour les plus sceptiques d’entre vous, oui, il y a un scénario ! Même si l’héroïne est muette comme une tombe, les retournements de situations sont plus qu’appréciables. Il faut noter que la bande son du jeu est merveilleuse ! Je vous laisse découvrir 













