Je n’aime pas les FPS. Non, sérieusement, je dois être l’un des rares que la sortie d’un BattleField ou d’un Call of Duty laisse totalement de marbre. Pire, je regarde souvent ces titres avec un certain mépris. De mon point de vue – profane – ils se ressemblent tous, possèdent un Solo aussi limité que court et un Multi rempli de joueurs aussi peu fair-play qu’agressifs.
Puis la thématique… pour reprendre Scarlett O’Hara “La guerre, la guerre, toujours la guerre !“. Je ne vois pas où est le fun de reproduire les faits que de pauvres bougres subissent tous les jours dans la vie réelle, ou qu’ils ont traumatisé à vie. C’est ça en fait : Je ne trouve pas ça marrant ! Ça a beau rester un jeu, c’est assez malsain de par son réalisme.
Mais encore une fois, je n ‘aime pas les FPS.  Plus jeune, je m’éclatais sur les Doom-Like, moi, môssieur !
“Les quoi ?” Penses-tu, jeune joueur. L’ancêtre de ton genre préféré, avant que l’on lui colle l’étiquette plus simpliste de “FPS”. A l’époque, il faut dire qu’il y avait différentes écoles : Doom-Like, Duke-Nukem-Like, Quake-Like… une floppée de titres qui découlaient de jeux majeurs. On prenait une grosse licence, on utilisait son moteur de jeu et hop ! On obtenait un “Licence-Like” ! Simple non ?
Des jeux au potentiel ludique gigantesque ! Découper des démons à la tronçonneuse dans Doom, Payer des strip-teaseuse dans Duke-Nukem ou assister à la barbaries perpétrée dans Quake…
Parmi ces ersatz se trouvait un Duke-Nukem-Like assez particulier, ordurier, violent, mais diablement jouissif : Blood. Il faut dire qu’il portait bien son nom, le saligaud ! Je n’ai pas accordé une grande importance au scénario, je me demande même si il en avait un autre que la vengeance d’un zombie sur une secte sataniste… tout un programme !
Le jeu nous mettait dans la peau putréfiée de Caleb, armé d’une fourche et sortant de sa tombe pour dézinguer tout ce qui avait le malheur de croiser sa route. Pourquoi ? Bha, quelle importance… ? L’humour noir était présent à chaque instant, des petits ricanements rauques de Caleb (“Somewhere… over the Rainbow…“), à l’armement déjanté en passant par les parties de foot avec une tête de zombie en guise de ballon. On avait tout à disposition : de la dynamite, du C4, un briquet et un aérosol, une poupée vaudou, des mitraillettes, des fusils à pompe, la fameuse fourche… et on en avait besoin face aux hordes qui se dressaient devant nous ! Zombies monstres gluants, fanatiques satanistes, fantômes hurleurs (ah ! entendre un fantôme hurler en nous fonçant dessus quand on pénétrait dans une pièce)… dans des niveaux aussi intéressants qu’amusant à parcourir.
Tout le monde hurlait, de pauvres victimes souffraient éparpillées sur les murs (Le jeu ne vous donne même pas la possibilité de les sauver, c’est pas votre faute si ils sont entre l’ennemi et votre lance-roquette !), les tripes dansaient la gigue et on s’amusait comme des malades en découvrant les nouveaux environnements plus glauques les uns que les autres, dans une bouillie de pixels et de chair.
Un jeu décomplexé en somme ! Malsain au possible, mais tellement “too much” et cynique que c’en était hilarant ! Sam Raimi ne l’aurait pas renié ! Voilà pourquoi je n’aime pas les FPS, mais que j’adore les “Trucmuche-Like” ! Pas de code militaire, pas de malaise quand à la réalité, pas de réalisme : on JOUE comme des gamins sans se poser de question et on rigole tous les 20 mètres !
Avant F.E.A.R., Monolith avait accouché de Blood, c’était en 1997 ! Le plus beau dans tout ça, c’est qu’il est en Abandonware aujourd’hui


L’ambiance était top dans ce jeu! J’adorais décapiter les ennemis à la fourche te shooter dans leur tête laissant des trainées de sang partout. En multi, c’était génial car les armes étaient vraiment originales, on rigolait tout le temps. On en a passé des nuits blanches sur ce jeu avec les potes… Le seul truc énervant dans ce jeu, ce sont les portes qui tuent quand elles se referment sur toi, tu parles d’une mort stupide. Il y a eu une tentative de le reprogrammer en 3D il y quelques années sous le nom de Transfusion. Le mode multi à été implémenté mais le mode solo n’a jamais été terminé: http://www.transfusion-game.com/ . L’histoire était déprimante au possible (notamment quand Caleb bute sa copine). On ne fait plus des jeux comme ça, c’est sûr! A l’époque, on se plaignait qu’il y avait trop de doom-likes mais c’est vrai qu’il y a avait au moins des trucs originaux qui se détachaient du lot. Les développeurs se prenaient moins au sérieux que maintenant…
Juste par curiosité. As-tu essayé des jeux comme The Darkness ou autres avant d’enterrer les FPS modernes
Tes chers jeux pris en exemple, je les ai également joués à l’époque. C’est la mode de prétendre que tout ce qui est morderne est à chier, le numéro de MOI, je jouais à Duke avant qu’il ne soit pour toujours? Gnagnagna?
Blood était une tuerie. Sa suite (Pourtant par les mêmes gars) était nettement moins inspirée.
Aaah The Darkness, oui aussi, dans le genre moderne et débridé, aussi ! On attend sa suite d’ailleurs ! J’ai juste eu le malheur de jouer à Darkness sur console, et il est vrai que je déteste la jouabilité au pad de ces titres.
Attention, je ne prétends pas que ce qui est moderne est “à chier” (sinon, comment expliquer le succès des FPS de nos jours), je dis juste que des titres comme “Blood”, “Redneck Rampage” ou “Duke Nukem” sont largement plus déjantés et funs qu’une énième simulation de guerre, et qu’il est quasi impensable de voir ce genre de chose aussi violente, choquante et au de 32ème degré aujourd’hui.
Je me suis sans doute mal exprimé, mais c’était un peu d’humour… “Les FPS c’est nul, MOÂ je jouais au Doom-Like” (alors que c’est la même chose). J’aurais dû l’appuyer d’avantage.
Ce qui est dommage, c’est que les FPS soient si sérieux et réalistes maintenant. Tout est codifié, réglementé, censuré, paradoxalement plus malsain et dérangeant, mais indubitablement moins “amusant”. Si Blood avait été développé aujourd’hui, il aurait perdu toute son essence pour être vendu au plus grand nombre.
Dans cette optique là , oui, je préfère largement les Doom-Like aux FPS.