Voilà, la trilogie Shepard de Mass Effect est enfin bouclée, mettant fin à une incroyable épopée galactique qui restera à coup sûr dans les mémoires. Bien qu’il ne soit pas exempt de quelques défauts (surtout techniques), cet ultime opus est épique de bout en bout et déchaîne les passions sur les Fora.
Après les évènements de Mass Effect 2, Shepard se voit confisquer son vaisseau, et est mis à pied sur Terre. Les choses sont claires : seules ses connaissances sur l’ennemi “Moissonneur” le sauve de la cours martiale. Mais alors qu’il est face au Conseil militaire humain, la planète est brusquement attaquée. Sur Terre et dans toute la galaxie, la Moisson commence…
Pour Shepard, il n’est plus question de se constituer une équipe pour une mission suicide, mais bien de rallier les peuples de la galaxie sous sa bannière et de constituer la plus grande armée connue pour faire face à cet ennemi monstrueux. Et la tâche n’est pas des plus aisée, vu les dissensions bien connues entre les différentes races…

Bioware a eu la bonne idée de proposer 3 modes de jeu : un mode orienté action qui vous plonge dans d’intenses combats, mais où la narration est presque automatisée, limitant vos choix, le mode “Normal”, qui correspond à celui connu dans les deux autres jeux, et un mode “Histoire”, simplifiant ici les affrontements, mais vous impliquant beaucoup plus dans les décisions. Autant vous conseiller le mode normal, pour profiter de tous les aspects du jeu en délaissant le mode Action, mais étant assez nul aux jeux de tir, j’ai opté pour le mode Histoire. et quel régal !
Un petit nouveau pointe son nez dans l’équipe : un Marine nommé James, gros bras et grande gueule, tandis que certains héros des chapitres précédents rejoignent votre équipe. Pourquoi introduire trop de nouveaux protagonistes alors que vous avez tissés de liens forts avec vos alliés pendant de nombreuses heures ? Tous vos choix précédents impliqueront des situations à régler et des comptes à rendre dans cet ultime épisode.
Il faudra maintenant en finir avec les grandes questions, d’une façon ou d’une autre, mais en prenant parti. Vous serez une fois de plus confronté à la délicate question du génophage Krogan, au conflit Geths/Quariens, qui a pris une nouvelle tournure avec l’émergence de Légion dans l’épisode précédent, et surtout enfin confronter l’Homme Trouble et Cerberus, dont les intentions se font de plus en plus précises.
Il est temps de mettre fin aux conflits déchirant les peuples, l’heure est à la survie ou à l’annihilation totale.
Une chose est certaine, sur la bonne quarantaine d’heures de jeu, la tension ne faiblit jamais. Tout est là pour rappeler l’urgence de votre mission : les journaux télévisés qui vous tiennent au courant de l’évolution du conflit, les champs de bataille où que vous alliez, les murs aux disparus, les camps de réfugiés et les trafics qui en découlent… Nous sommes bien en face du dernier épisode d’une immense saga. Certains passages sont magnifiques, comme la séquence sur la Lune de Palaven, avec la planète en feu à l’arrière-plan… de quoi exploser les rétines et faire monter la pression !
Shepard hérite donc des caractéristiques (et du niveau) du jeu précédent, mais gagne en agilité. Il a désormais moyen de passer rapidement d’une couverture à l’autre, se déplace plus vite et se battre au corps à corps plus efficacement. C’est également le grand retour des Mods d’arme, vous permettant d’améliorer votre armement. Autre nouveauté, la zone civile calme se cantonnant à présent à la Citadelle, vous allez y trouver de nombreuses quêtes annexes impliquant de retrouver des objets et le scan de planètes. Ce dernier est bien moins rébarbatif que dans Mass Effect 2, et rajoute un peu de pression à l’exploration. En effet, scanner éveille la vigilance des Moissonneurs, et il peuvent tenter d’attraper et détruire le Normandy. L’exploration des différents systèmes est donc un peu plus dynamique. Chaque ressource découverte se rajoute bien souvent à vos forces armées en vue de l’affrontement final : vaisseaux, armées, technologies… tout est bon à prendre, à récupérer sur des cadavres ou dans des centres de recherche.

C’est également l’occasion d’étoffer le background de l’univers avec la découverte de nombreuses histoires parallèles. Il vous est bien entendu possible de rusher le jeu et de vous contenter des missions principales, mais ce serait se priver de ressources utiles et surtout d’un certain pan du scénario, très bien écrit. C’est souvent un bon moyen de revoir d’anciens compagnons, d’en apprendre d’avantage sur leur situation actuelle. Tous vous aideront en retour, suivant leurs moyens, à la conception du Creuset, une arme antique sensée vaincre les Moissonneurs…
Il ne tient donc qu’à vous d’explorer la galaxie ou d’écouter les conversations des PNJ de la Citadelle pour débloquer de nouvelles missions optionnelles. C’est clairement ce qui fait la richesse de ce Mass Effect, bien qu’on trouve ici ce que je nommerais “L’effet Météore de Final Fantasy” : la Terre subit une attaque sans précédent, mais vous prenez la peine de subvenir à toutes les petites demandes de tout le monde. Même si cela se justifie par la réunion de toutes les forces de la Galaxie, il ne faut pas oublier que des civilisations sont anéanties pendant que vous chercher une bannière sensée motivée les Turiens buvant un coup au Purgatoire… Mais c’est un détails, et j’avoue que son absence aurait gâché l’expérience. A noter aussi qu’en tant que membre N7, Shepard pourra effectuer des missions de nettoyage de zones fermées et combattre les troupes Geths, des Moissonneurs ou de Cerberus, afin de reprendre des points clés stratégiques.
Pour parler des choses qui fâchent, certains bugs techniques répondent toujours présents, comme des freezes de la machine au chargement de zone, ou des chutes de framerate incessants. J’ai visiblement eu de la chance en ayant peu de ces phénomènes comparés à d’autres joueurs qui se plaignaient également de disparitions de personnages durant des dialogues par exemple. De mon côté, en tout cas, le constat est moins accablant techniquement que pour Mass Effect 2. La qualité graphique est forcément très proche de l’épisode précédent, et même si le moteur commence à accuser son âge, les différents effets de lumière rendent hommage aux environnements que nous parcourons, de la Citadelle à Tutchanka, en passant par Thessia ou les vaisseaux ennemis.
Nouveauté également, la Guerre Galactique sous forme de Multijoueurs. Si le jeu débute avec une équité des forces, le Multijoueur vous place dans la peau d’un soldat parmi une escouade de 4 joueurs en vue de défendre un des point stratégique que vous avez libéré dans le mode Solo. Il s’agit en fait de créer votre soldat parmi les différentes classes du jeu, de faire équipe avec 3 autres joueurs pour faire face à 10 vagues d’ennemis successives. La difficulté, le type d’ennemis ou le lieu pouvant être choisi ou aléatoire, les joutes deviennent très intenses et un esprit d’équipe se révèle indispensable pour en voir le bout. Chaque mission (réussie ou échouée) vous octroie de l’argent et de l’expérience qui – comme dans le solo – vous permet d’améliorer les capacités de votre personnage (pouvoirs biothiques, bouclier,) et d’acheter des packs contenant des armes, des mods, des objets (médi-gel, …) ou des personnages supplémentaires aléatoirement. Chaque classe a ainsi ses atouts et inconvénients, et la réussit d’une mission dépendra vraiment ici de la cohésion de l’équipe, un groupe désolidarisé ne passera pas la cinquième ou sixième vague… Un mode en ligne dont l’expérience peut fortement changer en fonction du groupe dans lequel on est, passant du très prenant à terriblement frustrant.
Les victoires vous rapporte un pourcentage de conquête, visible dans la salle de commande du Normandy et vous informe de l’avancement de la guerre, suivant les forces que vous avez réunies. Un mode en l igne que je trouve parfaitement adapté et intégré, même si l’on peut regretter sa répétitivité, seul le mode “Horde” étant pour l’instant disponible.
Au final, Mass Effect 3 tient ses promesses, avec un scénario épique, une mise en scène très dynamique, de nombreux moments de bravoure, des choix difficiles et parfois des séparations déchirantes. Le jeu a gagné en dynamisme, la durée de vie est des plus honnête et la quête de Shepard se conclu avec brio (à l’exception du message final incitant à acheter des DLC pour prolonger l’aventure… que j’ai assez mal pris). Mass Effect reste ici encore dans le panthéon des oeuvres de science-fiction que l’on espère pouvoir prolonger un jour, même si l’histoire a atteint sa conclusion.






Editeur : Electronic Arts
Développeur : Bioware
Type : Jeu de rôle / Action
Multijoueurs : 4 joueurs online
Classification : PEGI 18
Testé sur Playstation 3 (également sur Xbox 360 et PC)
NB1 : Le DLC “Surgit des cendres” inclus dans l’édition N7 (ou vendu 9,99€ sur les plateformes de téléchargement) contient au final une nouvelle quête et un nouveau personnage jouable : Javick le Prothéen. Alors, contenu indispensable ou pas ?
Sans en dire trop, la mission associée est très classique mais à l’avantage de nous faire revenir sur Eden Prime, en proie cette fois (les pauvres, ils cumulent…) à Cerberus. Javick a de puissants pouvoir biothiques et est un allié de poids dans les affrontements, mais si il n’apprend rien de particulier sur le scénario principal, nous avons l’occasion d’enfin approcher la mythique civilisation prothéenne et d’en connaître d’avantage sur leur mode de vie et leur déclin. Attendez-vous à des surprises de ce côté, à l’origine de dialogues souvent savoureux avec Liara à propos des espèces aujourd’hui à la tête de la Citadelle, ou du portrait idéalisé qu’elle s’était faite d’eux. Rien de crucial, mais des informations en plus pour étoffer l’histoire.
NB2 : Il existe actuellement une vive polémique sur Internet à propos de la fin de Mass Effect 3 (nous vous en parlions ici), qui pourrait vous décourager de vous lancer dans l’aventure. Ce serait passer à côté d’un très grand titre pour de mauvaises raisons. Les théories les plus abracadabrantes sont mises sur pieds pour expliquer telles ou telles éléments, et cela résulte principalement d’une absence de l’une ou l’autre cinématique explicative lors du final, et pour avoir vécu cette fin, je ne me sens absolument pas trahi. La fin est juste, comme elle devrait être. Peut-être pas satisfaisante pour tous, comme la plupart des fins de trilogie, mais loin du désastre annoncé et vomi par les joueurs.
Non, la fin ne sera pas vendue en kit, elle se suffit comme elle est, vous n’aurez pas besoin d’autre chose pour vivre l’épopée. Oui, il y a certaines incohérences possibles ou interprétables, mais elles sont principalement dues à certaines ellipses qui posent question, et que certains fans cherchent à combler avec leurs théories à grand renforts de preuves piochées ici et là dans la saga. D’un côté, n’est-ce pas une preuve de l’impact que cette série a eu sur le monde vidéoludique ? Peut-on réellement être satisfait de la fin d’un monde qui nos aura fait vivre de grand moment ? Personnellement, je l’ai rarement été… Vos choix et votre comportement en jeu vous donnent des possibilités de fins, certes subtiles, mais qui dépendront de chacun. J’ai passé quelques minutes avant de faire mon choix final, discutant des implications possibles avec mon épouse. Chaque choix avait ses qualités et ses failles, et nous n’étions pas d’accord sur “le bon choix”.
Peu ont compris qu’au-delà une cinématique finale et sa technique, il y avait ce choix et qu’il était crucial dans votre façon d’aborder le jeu, son histoire et son conflit. Quand nous lisons les différents choix opérés par les joueurs lors de cette séquence, chacun a sa propre vision, sa propre humanité, son propre vécu qui le mène à ce choix au-delà du manichéisme - pourtant absent de cet épisode, mais que beaucoup cherchent à placer (pour des raisons culturelles?). Shepard et le joueur sont confrontés à leurs doutes, car plus que jamais vous êtes Shepard à chaque instant, et votre comportement, vos répliques et vos choix seront le reflet de ce que vous êtes, vous, joueur. C’est en tout cas comme ça que je l’ai interprété. Et vous ?