
Aux grands maux, les grands remèdes. Afin de relancer les ventes en berne de la 3DS et tenter d’imposer sa nouvelle console portable sur le marché, Nintendo annonce une baisse de prix de 30 à 40% en Europe, aux Etats-Unis et au Japon, au prix d’une chute de 82% de ses profits par rapports aux prévisions pour 2011.

La 3DS peine à s’imposer même au Japon.
Outre Atlantique le prix de la 3DS passerait ainsi de 249,99 à 169,99 dollars. A cette occasion Reggie Fils-Aime, le CEO de Nintendo of America a déclaré à la presse « pour tous ceux qui hésitaient à acheter une 3DS, voici une excellente occasion de passer à l’acte ».
Pour ce qui est des prix européens, Nintendo Europe avance une baisse de 30% environ du prix de vente aux retailers à partir du 12 août prochain, précisant également qu’ensuite il incombait à chaque revendeur de fixer ses propres tarifs.
Afin de ne pas frustrer tous ceux qui ont déjà payé le prix fort pour acquérir une 3DS, Nintendo proposera une compensation sous forme d’une vingtaine de titres NES et GBA à télécharger gratuitement à condition toutefois de se connecter sur l’e-shop de l’éditeur avant le 12 août, ensuite il sera trop tard.
Nintendo fragilisé…
Entre 2005 et 2009, Nintendo a présenté des résultats financiers à faire pâlir Sony et Microsoft – en matière de jeu vidéo tout du moins. Seulement, depuis deux ans le constructeur et éditeur japonais doit faire face à une situation financière compliquée avec des profits en baisse de 82% par rapports aux prévisions pour 2011.

Le Kinect de Microsoft est venu chasser avec succès sur les terres de Nintendo.
En 2010, Nintendo a commencé à pâtir de l’érosion des ventes de ses deux consoles de jeu et de leurs applications.
Dès la fin 2009 l’effet mode de la Wii s’estompe petit à petit et la tendance a continué à s’accentuer depuis. Le constructeur n’avait manifestement pas anticipé une telle baisse de régime, ou tout du moins une diminution aussi rapide dans la courbe de vie de son produit. Ce phénomène a probablement été boosté par l’arrivée du Kinect de Microsoft et du PlayStation Move de Sony en fin d’année dernière.
La DSi quant à elle subit de plein fouet la concurrence d’un marché des smartphones en pleine explosion emmené par l’iPhone d’Apple.
Même si Nintendo restait largement dans le vert, le géant de Kyoto terminait 2010 avec un chiffre d’affaires de 1014 milliards de yens (soit 8,5 milliards d’euro) en baisse de 29%, mais surtout un bénéfice net de 77,6 milliards de yens (650 millions d’euro), en repli de 44%.
La PSP devant la 3DS au Japon.
Pour compenser les résultats mitigés de 2010 Nintendo comptait sur le lancement de sa nouvelle console portable : la 3DS.
Malheureusement, malgré un hardware très séduisant et de très bonnes critiques, son prix élevé, la médiocrité de son catalogue de jeu au lancement et la concurrence des smartphones ont fortement contribué à plomber les ventes.
Malgré un très bon départ la 3DS a mis 13 semaines pour atteindre la barre du million de consoles vendues au Japon (il n’en avait fallu que huit pour la DS et la DSi). Passé l’engouement du lancement les ventes n’ont cessé de baisser, résultat, au Japon, la PSP se vend mieux que le nouvelle Nintendo. Au 31 mars dernier la 3DS s’était écoulée à 3,61 million d’exemplaires, alors que le constructeur attendait des ventes supérieures à 4 million.
La fin des années Nintendo ?
Aux difficultés de la 3DS s’ajoutent selon Nintendo des taux de change peu avantageux entre le Yen et les autres devises, mais également les sommes investies en recherche et développement pour la Wii U présentée pour la première fois en mai dernier lors de l’E3 de Los Angeles.
Au final, les bénéfices prévisionnels annoncés par Nintendo passeraient ainsi de 110 à 20 milliards de yens (soit tout juste 180 millions d’euro), avec des ventes au premier trimestre 2011 en baisse de 50% par rapport à la même période l’an passé.

Les jeux et des licences fortes sont des atouts majeurs pour Nintendo.
On comprend donc aisément l’intérêt de pousser les ventes de la 3DS, car au-delà du hardware, ce sont les jeux qui rapportent de l’argent à Nintendo.
Avec des prix plus abordables que sur les consoles nextgen (entre 30 et 40 euro) les ventes de jeux sur Wii et DS restent des atouts de Nintendo. Il s’est en effet vendu au cours des six premiers mois de l’année 12,3 millions de jeux pour 1,44 millions de DS et 13,44 millions de softwares Wii pour 1,56 million de consoles écoulées.
Quant à la 3DS, il s’est vendu 4,53 millions de jeux au cours du premier trimestre 2011 malgré un catalogue plutôt médiocre et Nintendo compte sur l’arrivée de gros titres comme Super Mario 3D Land et Mario Kart 7 pour ajouter un levier supplémentaire afin de dynamiser les ventes en concordance avec la baisse tarifaire.
Ces ventes de logiciels profitent en plus en majorité à Nintendo qui se taille toujours la part du lion par rapport aux éditeurs tiers.
Quelles perspectives pour Nintendo ?
Outre la volonté d’installer la 3DS et donc de vendre plus d’applications que ce soit via des cartouches, soit en ligne via son e-shop, la carte maîtresse de Nintendo pour l’année à venir reste le lancement de la Wii U.

Nintendo n'a pas le droit à l'erreur au lancement de la Wii U...
C’est un enjeu stratégique et majeur pour le géant japonais du jeu vidéo qui va pour la première fois se frotter à la nextgen et donc se retrouver en concurrence directe avec Microsoft et Sony pour se faire une place dans le salon des consommateurs.
Nintendo ne peut donc pas se permettre de rater le lancement de sa Wii U sous peine cette fois-ci de se retrouver en réelle difficulté…