Sep 132011
 
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Après avoir dissout il y a plus deux ans le studio qui avait créé la série Age of Empires, Microsoft relance la franchise sous forme d’un jeu de stratégie en ligne et en free to play. Un pari osé pour une saga qui a marqué sur PC et amené de nombreux néophytes à découvrir les jeux de stratégie temps réel.

La décision de Microsoft de liquider Ensemble Studios, le développeur de l’intégralité de la série Age of Empires fut difficile à comprendre pour tous les fans de jeux de stratégie temps réel (RTS), tant cette saga a accompagné le développement de la firme de Bill Gates dans le domaine du jeu vidéo sur PC.

En effet, en 1997, Age of Empires a littéralement apporté une dimension inédite et un nouveau public à un genre lancé en 1992 par Westwood Studios avec Dune 2 (et trois ans plus tard avec le premier Command & Conquer). Notez pour l’anecdote qu’Electronic Arts qui avait depuis acquis Westwood a fini par fermer le studio en 2003…

Age of Mythology avait certes marqué le début du déclin de la série, et Age of Empires III ne fut pas un chef d’œuvre, mais de là à enterrer Bruce Shelley son créateur et son studio… quel dommage ! Et voici que Microsoft nous ressort sa licence sous forme cette fois-ci d’un jeu exclusivement en ligne et en free to play. Comprenez par là « gratuit mais pas tout à fait ». Il n’y a pas comme dans World of Warcraft, par exemple, d’abonnement payant, mais en contrepartie si l’on souhaite disposer d’un maximum d’options de jeu, il faut les acheter avec des points Microsoft.

Free to play or free to pay ?

Deux civilisations de base sont jouables actuellement. Grecs et Egyptiens sont disponibles gratuitement en version limitée. On peut s’amuser avec, mais l’accès aux unités, aux technologies avancées et au multijoueurs est bridé.

Pour profiter à 100% d’Age of Empires Online il faut acheter des packs d’options…

Acquérir la version « Premium » d’une civilisation coûte 1680 points Microsoft (soit environ 20 euro). On peut également acheter une version boîte en magasin. De plus, une boutique online est accessible via une échoppe située au cœur de sa capitale. On peut s’y fournir directement en boosters packs proposant des scénarii et du contenu spécifique.

Le joueur qui débute et veut aller plus loin dans Age of Empires Online peut ainsi s’offrir pour 8000 points un gros pack regroupant pratiquement tout ce qui est disponible actuellement et plus encore comme les futures civilisations celtes et perses. Reste que débourser pas loin de 100 euro pour un jeu free to play c’est franchement too much ! Des scénarii (Défense de la Crète) et des packs de décors destinés à personnaliser son empires sont disponibles à 480 points (5,76 euro).

Une capitale au cœur de l’empire

La première partie lancée, ce qui frappe d’entrée c’est le joli look très cartoon du jeu qui rappelle celui des anciens épisodes de la série The Settlers. Les similitudes ne s’arrêtent d’ailleurs pas uniquement à l’aspect graphique. Désormais, après avoir choisi sa civilisation, on se retrouve au cœur de sa capitale, une petite bourgade au commencement, dont les infrastructures vont se développer au gré de sa progression dans le jeu.

C’est à partir de sa capitale que l’on gère sa civilisation et ses relations avec les autres joueurs.

La capitale n’est pas un terrain de jeu à proprement parler. Elle constitue l’interface centrale d’où le joueur gère tous les aspects de son empire. La partie gestion est désormais beaucoup plus présente qu’auparavant et en ce sens, ce nouvel Age of Empires rappelle vraiment The Settlers. Via sa capitale on peut échanger avec d’autres joueurs, se créer un groupe d’amis, faire du commerce, des échanges d’objets ou de technologies, et surtout trouver ce qui est au cœur du gameplay : des quêtes.

A l’image d’un jeu de rôle, il faut accomplir des missions pour acquérir des points d’expérience et permettre à sa civilisation de monter de niveau. Ces missions sont progressives et bon nombre d’entre elles font office de didacticiel. La plupart du temps il s’agira de vaincre un adversaire ou de survivre à des vagues d’assaut, parfois de libérer des prisonniers ou de retrouver des marchandises.

Couper, cueillir, miner, récolter…

En plus des objectifs de chaque mission, explorer à fond les maps permet de découvrir des trésors.

Le système de jeu classique d’Age of Empires se retrouve dans chaque missions : il faut récolter des ressources avec ses paysans. Elles servent à construire des bâtiments destinés à créer des unités et à les améliorer. Tous ceux qui ont déjà mis la main sur un jeu de ce type s’y retrouveront très rapidement. La durée de ces scenarii varie entre quelques minutes et une heure. Prime est de plus donnée à ceux qui se fendent d’une exploration complète des cartes, car il y a des trésors à trouver. Ils contiennent des marchandises, améliorations, plans de bâtiments et autres bonus que l’on peut exploiter à partir de sa capitale.

Au rang des nouveautés se trouvent notamment des « consommables » qui se jouent comme des cartes bonus au cours des missions. Leur utilisation est limitée par un compte-à-rebours de quelques minutes. Ces bonus sont plus ou moins puissants et plus ou moins rares, certains permettent de faire apparaître des troupes ou des structures instantanément, d’autre de booster ses armées.

Bonjour Monsieur Phelps…

A l’image d’un jeu de rôle, un point d’interrogation au dessus d’un personnage signifie qu’il a une quête à proposer.

Chaque mission réussie rapporte de l’argent, de l’expérience, des Points Impériaux (utilisables pour acheter des objets spéciaux) et des bonus, voire des améliorations ou des technologies. Chaque passage de niveau est récompensé par trois points que l’on peut répartir comme on le souhaite dans l’arbre des technologies de sa civilisation. A partir du quatrième niveau les missions en mode coopératif en ligne se débloquent, mais si on le souhaite on peut continuer à jouer en solo.

En l’état actuel, Age of Empires Online privilégie le jeu en mode coopératif, le PvP étant encore mal équilibré.

Quel intérêt alors d’aller chercher un autre joueur si on peut se débrouiller seul ? Et bien on est la plupart du temps libre de cocher une case « Elite » lors du lancement d’une mission. Cela augmente très nettement sa difficulté mais aussi les récompenses qui lui sont liées, d’où l’intérêt dans ce cas d’aller chercher un coéquipier.

Quant aux parties en joueur contre joueur (JcJ ou PvP), elles ne sont pas obligatoires. Le développeur a parfaitement compris que si les core gamers sont friands de ce genre de gameplay, ce n’est pas le cas des joueurs plus occasionnels, qui constituent un public de choix pour la franchise Age of Empires.

Reste que le PvP aussi séduisant qu’il puisse être manque encore d’équilibre. En effet, en développant sa civilisation on fabrique des objets qui améliorent ses unités – on peut aussi en trouver dans des trésors pendant les missions en solo. Là encore, à l’image d’un World of Warcraft il y a des objets, verts (communs), bleus (rares) et violets (épiques). Le problème est que cela a un impact énorme sur les affrontements en PvP. On peut ainsi se retrouver opposé à un adversaire dont les unités sont les mêmes que celles que l’on produit, mais en plus fort… et face à cela, on ne peut rien faire que tenter d’en faire plus que lui pour rééquilibrer la balance. Autant dire qu’à moins d’affronter un grand débutant, c’est perdu d’avance.

Conclusion

On appréciera le joli look un peut cartoon choisi pour ce nouvel opus de la saga Age of Empires.

Tout cela fait qu’Age of Empire Online est agréable à jouer et plutôt simple à prendre en main. Est-ce vraiment une surprise ? Non, le titre est développé par Gas Powered Games, un studio créé et dirigé par Chris Taylor, pour qui les RTS ne constituent pas une nouveauté. Il a signé en 1997 le mythique Total Annihilation avant de se lancer ensuite dans le magnifique Impossible Creatures et plus récemment Supreme Commander (on peut aussi mettre à son crédit Dungeon Siege). Et si côté jeu en ligne, il a tenté une première expérience décevante avec Demigod, Microsoft n’a pas pris de gros risques en lui confiant Age of Empire Online.

Certes, le jeu n’est pas exempts de reproches (quêtes répétitives, manque de clarté sur certains aspects de la gestion détaillée de sa civilisation, gratuité très relative), c’est au final plutôt réussit. Par ailleurs, l’avantage d’un jeu en ligne c’est qu’il peut évoluer en fonction des desiderata de sa communauté de joueurs. C’est aussi souvent là que se trouve le défaut de la cuirasse. Pour l’instant il y a du monde en ligne, et c’est en fin de compte ce qui déterminera la qualité de l’expérience de jeu et sa pérennité.

Note:

Editeur : Microsoft Game Studios

Développeur : Gas Powered Gzmes

Type : Stratégie Temps Réel

Multijoueurs : Oui

Classification : Déconseillé aux – de 12 ans

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