May 042011
 
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Le JRPG est depuis quelques années à sa propre recherche. Désirant s’exporter au maximum, s’occidentalisant de plus en plus, mal à l’aise avec la génération Haute Définition, il accouche souvent dans la douleur de titres hybrides, perdant de son charme au fil des ans. Il existe pourtant encore des boîtes de développement qui persistent dans la tradition des jeux de rôles japonais un peu niais, répétant inlassablement les mêmes clichés. Mais quelque part, n’est-ce pas ce côté rassurant qui nous attire ?

Ar Tonelico Qoga est le troisième opus de la série, débutée sur PS2, que je ne connaissais que de nom. Je ne peux donc pas juger de la cohérence du titre ou apprécier les nouveautés. Je ne connaissais d’Ar Tonelico que ce que j’en avais lu à gauche ou à droite : Un RPG mignon, jouant la carte du Fan Service à fond en dénudant ses héroïnes. Des avis assez péjoratifs en somme. Après Mass Effect 2, Assassin’s Creed Brotherhood et Dragon Age II, un peu de légèreté était de mise… et j’ai été agréablement surpris !

To Ar Ciel…

Ar Ciel est un monde plongé dans un nuage mortel depuis des centaines d’années. La population a donc trouvé refuge dans d’immenses tours. Le troisième opus nous place dans la tour de Sol Cluster, divisé en 3 grandes nations : Great Fang, Archia Corporachy et l’empire dictatorial de Clustania. Dans son petit village reculé de Great Fang, le jeune Aoto sauve une mystérieuse femme en armure qui lui fais promettre de la protéger de Clustania avant de se transformer en une jeune fille amnésique nommée Saki. Celle-ci est une Reyvateil, un être artificiel initialement créé pour maintenir la tour d’Ar Tonelico. Ces êtres ont la faculté d’utiliser le pouvoir du chant Hymmnos pour communiquer avec la tour et ainsi déclencher différents effets. Accompagnés de leurs amis Tatsumi et Gojo, Aoto et Saki ne tardent pas à rencontrer dans des circonstances amusantes la jeune Reyvateil Finnel, serveuse à Eternus Shaft, en proie à un tueur de Clustania : Soma

L’histoire d’Ar Tonelico est simple et compliquée à la fois. Entrer dans ce monde sans avoir fait les autres opus peut être laborieux (j’ai compris assez tard que les Reyvateils n’étaient que des êtres artificiels, ainsi que les 3 différents types), surtout que le jeu s’égare dans de très nombreux dialogues, souvent anecdotiques. Les alliés et les ennemis changent au fur et à mesure des alliances et des trahisons, l’histoire est longue donne l’impression d’une petite série d’animation. Les objectifs principaux changent une fois les précédents atteints, tant qu’il est impossible, comme dans les autres productions, de savoir exactement quand on va rencontrer le boss de fin (j’y ai cru au moins 3 fois). Est-ce pour autant un défaut ? Cela va dépendre de votre implication dans le jeu et de votre tolérance aux dialogues.

Car des dialogues, vous allez en avaler des centaines ! Ar Tonelico est le jeu le plus bavard auquel j’ai pu jouer, mais si cela est casse-pied au début, on rentre progressivement dans le jeu, on s’habitue aux protagonistes, on suit leur évolution et on finit par en redemander ! Mais avant de discuter du système de dialogue, un petit tour par le système de combat.

Soyons amis, enlèves-moi mes vêtements !

Celui-ci est en temps réel, et ressemble à ce qu’on a pu avoir dans Star Ocean ou les Tales Of. L’équipe est constituée de 3 guerriers (nommés “Vanguards”) et d’une Reyvateil (au choix) qu’il va vous falloir protéger. En effet, celle-ci entonne un chant au début du combat, et invoque son Gardien. Celui-ci absorbe de la puissance au fur et à mesure du chant (matérialisée par la jauge de “Burst”) et un oscilloscope est actif durant l’affrontement. Si vous frappez quand la barre est au plus haut, le rythme cardiaque de la Reyvateil augmentera progressivement jusqu’à afficher le message “Purge Ready”. Activer cette purge a plusieurs effets. Tout d’abord – petits coquins – cela retirera une couche de vêtement à la jeune demoiselle. En effet, plus la surface de peau est importante, plus la puissance engrangée par la Reyvateil (et par son Gardien) est grande. Le gardien subit une petite métamorphose et il vous est possible d’enclencher son attaque. Une fois l’attaque lancée, la chanteuse remet ses vêtements et le combat continue. Ensuite, il existe 4 éléments associés à une touche du pad pour purger l’héroïne. Le choix de cette purge affectera l ‘élément avec lequel les Vanguards attaquent (foudre, terre, feu et eau).

Il vous est possible de purger 4 fois l’héroïne, cumulant ainsi et les effets élémentaires, et augmentant drastiquement la puissance du Gardien. Que les âmes pures se rassurent : il est impossible d’aller plus loin que les sous-vêtements de la 3ème purge. Activer la dernière purge déclenchera l’attaque ultime de la Reyvateil accompagnée d’une animation spécifique durant laquelle il est possible de booster sa puissance. Autant dire que cette dernière attaque est d’une puissance démesurée. Seulement, vous vous doutez un peu que les jeunes filles ne sont pas toutes exhibitionnistes et ne vont pas se déshabiller devant un inconnu. Il vous faudra gagner leur confiance auparavant, et c ‘est ici qu’intervient le système de Dialogue.

La survie de l’héroïne est donc primordiale, et elle devient vulnérable si un ennemi entre dans son périmètre. Une fonction “Blow” vous permet heureusement de voler instantanément à sa rescousse et de repousser l’ennemi au loin.

Au fur et à mesure de l’aventure, les Reyvateils vous accueilleront dans leur chambre à chaque fois que vous planterez votre tente ou irez à l’auberge. Vous pourrez alors les écouter vous parler des derniers événements, de leur plat favoris, de votre nouvelle super attaque ou tout autre sujet en rapport avec le jeu. Ces dialogues de plus en plus intimes et à doubles sens vous font gagner leur confiance, vous permettant d’user de leur pouvoir en combat, mais surtout, d’accéder à leur Cosmosphère

“Oh j’aime te sentir au fond de moi…”

Ne soyez pas choqué par ce sous-titre, ce n’est que l’un des très nombreux double-sens présent dans les dialogues. Débloquer les pouvoirs des chanteuses demandera de plonger dans leur subconscient pour briser leurs blocages psychologiques. Composés de neufs paliers, les Cosmosphères se présentent sous la forme de dialogues uniquement, et d’une “Carte du Monde” découpée en plusieurs endroits qui matérialisent son âme. Accéder à chacun de ses endroit demandera un quota de point nommés “Dive Points”, que l’on récolte durant les combats, en même temps que l’argent et l’expérience.

Plus vous plongerez en elles (…), plus vous visiterez des mondes issus de leur subconscient et serez confrontés à leurs peurs, leurs espérances et à leur intimité. A chaque fois que vous arrivez à aider la jeune fille à dépasser ses craintes ou à évoluer sur le plan humain, un portail s’ouvrira vers le niveau suivant. La progression dans les Cosmosphères étant régulée par le scénario ou par le nombre de discussions que vous avez eu la nuit, les pouvoirs se débloquent au fur et à mesure, vous permettant de purger de plus en plus de vêtements, mais surtout de débloquer les Hyumas et les autres Personas de la chanteuse…

Sorte de petites fées, les Hyumas sont des petits programmes internes à chaque Reyvateil que vous débloquez dans les Cosmosphères et que vous pouvez assigner aux 4 purges dans les combats. A l’auberge, vous pouvez demander à “programmer” une Reyvateil, et lui assigner jusque 4 Hyumas qui s’activeront en même temps que les Purges. Plus la chanteuse a confiance en vous, plus elle se déshabille et plus vous pouvez lui attribuer de puissants Hyumas. Pour vous aider également, vous pouvez lui offrir des cadeaux en rapport avec sa personnalité pour gagner sa confiance un bref instant (du pain, des gâteaux, des glaces…) et lui attribuer un programme plus puissant. Les effets sont variés, tels que le regain de vie, l’augmentation de l’attaque, de la défense ou la protection contre certaines altérations d’état. A vous de trouver votre combinaison personnelle !

Les Personas sont en fait les autres personnalités de la Reyvateil, qui prennent sa place par moment. Celles-ci peuvent vous aider ou au contraire vous combattre et représentent toutes un aspect psychologique de l’héroïne. Ainsi, Saki possède en elle Sarapatra, voluptueuse jeune femme représentant le fait que Saki renferme toujours ses sentiments. Au fil de vos plongeons, les Reyvateils accepterons ces autres parts d’elles-mêmes, et vous pourrez utiliser ces nouvelles formes en combat. Avec un total de 9 formes en tout sur une seule partie, vous avez le choix de l’apparence de votre chanteuse !

 

Le principal intérêt de ces séquences est réellement de visiter des mondes totalement indépendants de l’aventure principale, et souvent très décalés. Par exemple, les mondes de Finnel sont très malsains et masochistes, mais peuvent prendre la forme d’un vieux RPG 8bits avec les BGM Midi et les Dive Points en tant que Points de Vie. Les mondes de Saki sont bien plus colorés, mais elle doit parfois faire face à des situations dérangeantes, et ses choix deviennent de plus en plus dramatiques à mesure que son rôle s’affirme dans la réalité. Une troisième Reyvateil pourra éventuellement vous ouvrir non pas son âme mais sa mémoire suivant vos choix, mais je ne voudrais pas nuire au plaisir de la découverte des fans de la série, à qui se choix plaira certainement !

Tu me montres ta grosse épée ?

Un autre aspect sympathique est la Forge. Toujours dans les auberges, vous avez la possibilité de dépenser quelques Dive Points pour que l’une des héroïne aide Aoto à fabriquer différents objets grâce aux recettes et aux ingrédients que vous achetez ou trouvez un peu partout dans le jeu. Ces séances de fabrication donnent aussi lieu à de longs bavardages sur l’objet ou sur le nom à lui donner. Les objets fabriqués étant souvent inédits et bien plus puissants que ceux achetés dans le commerce, je vous conseille vivement d’y participer.

Disponibles également via la Forge, les Attaques spéciales (“Special Moves”) sont des techniques que vous pouvez déclencher en plein combat à l’aide de la croix directionnelle. Chaque Vanguard peut obtenir en plus une Super Attaque (“Super Move”), surpuissante, mais activable uniquement après 3 purges et une barre de Burst de 30 000%. Une petite scène animée débute alors, déshabillant le Vanguard et c’est une véritable tempête de coups qui s’abat sur votre pauvre ennemi.

C’est sans doute là que le bât blesse : avec les purges et les Supers Attaques cumulables, aucun ennemi ne saura vous résister. Vous aurez d’ailleurs bien du mal à utiliser toutes ces attaques en un seul combat sans broyer votre adversaire au bout de 2 ou 3 attaques. Grâce aux Hyumas de soin, plus besoin d’objet, la santé remonte automatiquement et énormément, surtout quand on assigne 2 purges à ces soins.

Si l’introduction animée du jeu est très bien réalisée et dégage beaucoup de magie, graphiquement, le jeu affiche de jolis décors 2D colorés, des donjons en 3D sommaires, et une intégration des personnages littéralement foirée. Le style SD des deux précédent était plus adapté. Néanmoins, certains décors possèdent ce “petit quelque chose” d’onirique, comme les ballades au sommet des tours, avec le ciel et les nuages en fond, ou les étranges donjons au son parasités, composés de CD. Les thèmes musicaux sont très inégaux, allant du très bon au franchement “From Outer Space”, se permettant des mix étranges en plein combat. Le jeu permet de sélectionner les doublage japonais largement supérieurs à ceux en anglais. Malgré une installation conséquente sur le disque et son moteur graphique loin derrière la concurrence, les temps de chargement sont présents à chaque changement de zone, mais ils sont heureusement assez courts.

La durée de vie est très bonne, le jeu proposant au moins 4 fins différentes, dont deux prolongeant le jeu d’un chapitre supplémentaire (les “Happy Ending”), l’impossibilité d’avoir l’intégralité des Reyvateils en une seule partie et un New Game + permettant de reprendre assez loin dans le jeu. Visez le Trophée Platine demandera 100 heures de jeu, tandis qu’une partie normale se fera au bout d’une bonne quarantaine d’heures.

Ar Tonelico Qoga est un JRPG très classique, bourré de clichés, faible techniquement mais jamais ennuyeux si on accroche à l’univers et aux dialogues, qui constituent la majeure partie du soft. Il se suit comme un petit Sitcom, renouvelant son intérêt grâce aux Cosmosphères. L’humour y est très lourd, les doubles sens fusent surtout dans les deux premiers chapitres, mais on retrouve nos protagonistes avec plaisir à chaque fois que l’on lance une partie. Un peu de légèreté, ça manquait énormément dans la ludothèque de la PS3. Je le conseille aux amateurs de JRPG rétros et anglophones uniquement, car ce titre a trop de défauts pour séduire la majorité des joueurs. Néanmoins, ce sont ses défauts qui m’ont séduits.

Editeur : NIS America

Développeur : Gust Co. Ltd

Type : RPG

Multijoueurs : Non

Classification : Interdit aux – de 12 ans

Testé sur PS3

Auteur: Titiks


  3 Responses to “Ar Tonelico Qoga : Knell of Ar Ciel”

  1. ça me tenterais bien, ça fait longtemps que je me suis pas frotté à un JRPG… ça devait être sur PS2 ^^

  2. a petit prix alors ^^

    parce que la derniere foi que j’en ai pris un je l’ai regretter malheureusement

  3. Oui à petit prix, ça passe mieux. Mais sincèrement, si ce n’est pas un chef d’oeuvre (et de loin), il offre une “ballade” agréable là où tous les autres titres tendent à devenir plus sérieux et sombres. Il est à prendre au second degré pour tout ^^ (si vous connaissez la longue liste des clichés du RPG… on est dedans ^^)

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