Apr 082011
 
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Ostagar est tombé, ainsi que le roi Cailan, trahi par les Gardes des Ombres. Du moins, c’est ce que la rumeur prétendait. La petite ville de Lothering a été entièrement rasée par les Engeances et certains villageois tentèrent de fuir vers d’autres contrées. Ce fut le cas de Léandra Hawke et de ses trois enfants. Avec  l’aide du chevalier Aveline, ils parvinrent à atteindre la ville de Kirkwall dans les Marches Libres, épargnée par les hordes de l’Archidémon. Pensant y trouver famille noble et réconfort, ils n’étaient plus que des immigrés parmi les autres, à peine bons pour se partager un taudis dans la Basseville de Kirkwall, déjà en proie à de nombreux problèmes…

C’est en essayant de redorer le blason familiale que le jeune Hawke assistera aux plus sombres heures de la ville…

Voilà ce que vous propose d’emblée Dragon Age II. Laissons l’Archidémon aux Gardes des Ombres d’Origins et incarnons Hawke, désireux de rétablir l’honneur et la fortune de sa famille, loin de Ferelden.

Contrairement au premier Dragon Age, il n’y a pas ici de menace aussi grandiose qu’un démon séculaire et des hordes de monstres, toute l’action se déroule à Kirkwall et ses environs.

Un parti pris qui m’a un peu dérouté au début. Alors que nous pouvions parcourir tout Ferelden dans Origins, nous voici cantonné dans une seule et même ville, heureusement assez grande et variée. La cité fait également office de donjon géant la nuit, les rues étant désertées excepté par les brigands, Le joueur peut passer du jour à la nuit d’une simple touche. Ce sont les quelques alentours de la cité qui sont les plus dérangeants. Une falaise, une mine, une montagne et c’est tout. Le jeu vous demandera également de très nombreuses visites dans des donjons qui sont calqués sur un modèle identique (un seul modèle de grotte, un seul modèle de sous-sol). Les parcours se modifient à l’aide de portes fermées par de gros blocs (qui parfois cachent une porte.) Je pense que c’est cet aspect qui m’a le plus déçu : les lieux sont sensés être différents, pourtant ils sont tous visuellement identiques, à quelques rares exceptions près. Ceci dénote clairement d’une sortie prématurée du  titre, les environnements d’Origins étaient bien plus variés. Mais nous verrons plus loin que ceci reste finalement secondaire.

On note aussi l’importante simplification du système de jeu par rapport au premier, plus ouvert et moins destiné aux rôlistes. Dommage ? Oui, sans doute, mais le jeu gagne en intensité, se rapprochant d’un Beat’m Up. La pause tactique est toujours au menu pour contrôler nos alliés et venir à bout d’affrontements que l’on peut qualifier, globalement, de plus faciles aussi. Pourtant, des affrontements, il y en a énormément. Toute quête débouche sur un ou plusieurs combats. On peut regretter la disparition du talent de Réthorique qui permettait d’influencer ses interlocuteurs autrement que par la force.

Ce Dragon Age se veut plus accessible, et au final, ce n’est pas plus mal. Car la partie la plus intéressante et admirablement travaillée reste la ville de Kirkwall en elle-même. Origins nous présentait déjà les diverses tensions qui secouaient le pays, mais ce second segment vous place directement au centre d’une poudrière dont vous êtes la mèche, avec un malaise permanent de ne jamais savoir si le choix que vous faites fera ou non tout exploser. Bien entendu, “le Mal” est omniprésent, mais il provient d’avantage d’ambitions humaines que de celles des démons. Entre les conflits internes des Elfes Dalatiens/Citadins, l’oppression des Mages par les Templiers, la présence dérangeante des Qunaris au sein de la cité, mettant à mal la diplomatie du Vicomte, vous allez devoir faire des choix, lourds de conséquences, sans jamais deviner ce que cela va déclencher.

Il se peut que ces choix soient influencés par votre toute première décision. En effet, suivant la classe choisie pour Hawke, l’un de vos proche trépassera. Le survivant, de par son vécu, son caractère et sa classe vous influencera certainement. Le reste est affaire de conviction personnelle. Les mages représentent un danger mortel, mais n’est-ce pas une conséquence de l’oppression qu’il subissent ? Les Qunaris, race fière et brutale, doivent-ils être amadoués ou combattus pour leur religion ? L’écriture est intelligente, vous présentant à travers une multitude de quêtes d’apparences anodines toutes les facettes des problèmes qui gangrènent la cité. Souvent le jeu ne vous laissera pas le luxe d’être indécis, il vous faudra choisir un camp, avec les données dont vous êtes en possession. Le système de dialogue à choix multiples est bien entendu au programme, on est aidé par de petites icônes (réponse conciliante, neutre, ironique, pragmatique, flirt…) pouvant orienter les relations avec les différents protagonistes du récit.

Le scénario s’étale sur une dizaine d’années, de la fuite des Hawke au dénouement de la crise, présageant un troisième épisode aux accents dantesques. Il est possible d’importer sa sauvegarde d’Origins pour que le monde reste cohérent avec vos choix du premier épisode, même si cela reste en toile de fond. Le choix de l’équipe est assez restreint, car cantonné à 3 classes prédéfinies. Chaque personnage possède son propre équipement qu’il est possible d’améliorer, mais vous ne pouvez pas trop diriger l’évolution des alliés, car tous ont leur spécialité. Aussi, on se retrouve assez vite avec une équipe favorite, délaissant toujours les mêmes compagnons. Heureusement, ceux-ci gagnent des niveaux en même temps que le groupe, permettant de faire leurs quêtes respectives sans malus. Ce n’est qu’à la toute fin que leur loyauté est éprouvée, encourageant le joueur à essayer tout de même de gagner l’amitié de tous ses compagnons.

Il y a énormément de quêtes, et comme je le disais, elle sont toutes intéressantes pour appréhender la situation dans sa globalité, notamment via les très nombreux codex découverts durant l’aventure. Certaines missions s’étalent même sur les 3 actes que compte le jeu, assurant une certaine continuité dans le côté relationnel. Qui dit mission, dit aussi équipement et objets récupérés. Comme vous ne pouvez modifier que l’armure de Hawke, dites-vous que beaucoup d’équipements que vous trouverez ne vous serviront à rien du tout, si ce n’est à la revente, à l’instar du “bric-à-brac” inutile glané ici et là. Durant votre périple, vous pourrez aussi découvrir des ressources utiles pour fabriquer des potions, mais à la différence d’Origins, chaque lieu de ressource découvert servira aux différents marchands à qui vous pouvez commander vos objets. Il n’y a donc plus de système de fabrication à proprement parler, mais juste d’achat.

Tout ceux qui avaient précommandé le jeu se voyaient recevoir l’édition Bioware Signature, contenant divers bonus. Tout d’abord la jaquette du jeu est noire et légèrement en relief. Ensuite, 2 contenus téléchargeables y sont inclus, proposant un nouveau personnage et ses quêtes associées (Le prince exilé), et un nouveau lieu, sorte de marché noir aux prix exorbitant mais proposant des équipements et objets de très grande qualité. Cet endroit offre en prime la possibilité de redistribuer ses points de compétences et de modifier son apparence. En soi, c’est dispensable, si ce n’est le moyen de récupérer les ressources et objets importants négligés dans l’acte précédent, mais modifier l’apparence du héros est quelque chose que j’ai apprécié, le jeu s’étalant sur 10 ans quand même. Ces deux contenus sont disponibles sur les plateformes de téléchargement, mais si l’aventure du prince exilé est intéressante, la Perle Noire est bien trop chère pour ce qu’elle propose.

Comme dans l’opus précédent, il est possible de mener une romance, mais avec un seul personnage, et elle se fera tout au long du jeu, tout comme dans le récent Mass Effect 2.

En définitive, si ce Dragon Age n’est pas le jeu auquel je m’attendais, il a réussi à me passionner pendant une bonne trentaine d’heure, grâce à ses personnages, à la tension permanente au sein de Kirkwall. La diplomatie n’est pas toujours payante et votre conscience vous guidera d’avantage dans vos choix que la raison pure. En supprimant la menace d’une entité diabolique, Dragon Age 2 nous laisse face à nos choix, à nos propres valeurs, car rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. J’espère juste qu’après cet épisode qui se veut plus intimiste, Dragon Age 3 reviendra à des proportions plus épiques.

Même si on peut lui reprocher un manque de finition, des bugs techniques frustrant en fin de jeu et une simplification un peu trop appuyée, DA2 conte une belle aventure dont il est très difficile de lâcher prise, assistée par un système de combat des plus nerveux.

Testé sur : Playstation 3 (Bioware Signature Edition)
Type : jeu de rôle
Développeur : Bioware
Editeur : Electronic Arts
Existe également sur : XBox 360 / PC
Sortie : 10/03/2011

  One Response to “Dragon Age II”

  1. Moi aussi je regrette Dragon Age Origins, je joue sur PS3 et j’ai tous les addons du 1 et du 2.
    Ou sont les gardes des ombres, ou sont les engeances, cela n’a plus rien a voir avec l’histoire du début (je vous rappelle qu’il reste au moins 4 archidémons – donc 4-5 enclins possibles)

    Qui s’est permis de défigurer les personnages (anders, Alistair, Isabella (ok isabella est + jolie), Lelianna). De quel droit ?????

    Pourquoi avoir remplacé le SUPER GéNIAL graphiste qui nous avait gratifié d’aussi beaux personnages et paysages dans DAO Origins… Je ne reconnais pas sa patte, je ne reconnais plus rien…

    Et je suis d’accord aussi pour dire, que les développeurs ne se sont pas foulés, tous les environnements se ressemblent, la même grotte, tout au long du jeu… On se lasse du jeu beaucoup plus vite que avec DAO Origins… ou est passé ce sentiment de grande liberté que l’on avait dans DAO Origins (Orzammar, Dénérim, Golefalois etc)
    Et ces ambiances sonores que l’on avait en allant chez les elfes ou simplement à Dénérim…

    Ok le système de combat est plus énergique, c’est défoulant, les mages peuvent même se battre au corps à corps mais bon…

    Pourquoi avoir limité les voleurs à une seule catégorie d’arme (arc/dagues), là ou dans DAO Origins, les voleurs pouvaient s’équiper d’arcs et de dagues…

    Ce n’est pas une suite, DAO2 n’a rien a voir avec l’original…
    Et les noteurs ne s’y sont pas trompés, là ou DAO Origins avait été noté 18-19, lui s’est pris un 5/10 chez Gamekult et un 15/20 chez Jeuxvideocom…

    Enfin bref; ce jeu aurait pu s’appeller “prise de kirkwall” mais pas Dragon Age …
    Je suis déçu, mais j’ y joue tout de même…

    Prenez un jeu qui marche bien et qui est beau, défigurez les personnages, détruisez toute l’histoire qui avait bien fonctionné, supprimez tous les monstres qu’on aimait bien dégommer au nom du bien commun (les engeances, les émissaires, les ogres – (sans déc vous avez vu la tête des ogres ????) réduisez la taille et la variété des environnements à 20 % de ce que c’était, et vous aurez DAO2…

    Ne l’achetez pas je déconseille…

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