Jun 182012
 
Thumb

Voilà des années qu’elle se sent seule et abandonnée. Oh bien sûr, vous la caressez tous les jours d’un geste nonchalant, vous la glissez aléatoirement sur son enclos sans aspérités, elle est encore une aide indispensable, mais bon, c’est plus comme avant. Vous ne lui faites plus éclater le bouton suspendu comme à la grande époque, quand vous la poussiez dans ses retranchements mécaniques les plus extrêmes. Vous la laissiez bouillante et moite au petit matin, avant de la reprendre en main dès que l’obscurité pointait autour de votre CRT, et elle adorait ça, s’éclatant à devenir le centre de votre attention pendant quelques heures. Et je peux vous dire que l’arrivée du messie lui refait frémir l’optique, Diablo 3 remet la souris au centre de votre monde.

Quelle est l’histoire de Diablo 3 ? A la fin, vous tuez Diablo, encore. « Spoooil » criez-vous derrière votre écran, mais franchement, est-ce un spoil que de divulguer une info qui se trouve être le titre même du jeu. Donc, comme dans les précédents opus et dans tout bon hack’n slash, le scenar’ a autant d’importance dans l’expérience de jeu que l’utilisation d’un couteau à beurre pour vraiment apprécier le beurre. D’autant que pour être intéressant le jeu doit se finir en boucle afin d’accéder à des difficultés supérieures. Donc passons à la suite je vous prie.

La suite, c’est le gameplay. Ici, pas besoin de vous secouer le bulbe à la recherche de capacités superflues, l’essentiel de l’action se localise dans le clic gauche de la souris. Vous allez taper, taper taper ce refrain qui vous plait. De temps à autre, quand la difficulté ira croissante, vous vous faderez d’une pression du clic droit, et de 1, 2, 3 ou 4, histoire de varier les sorts. Mais pas besoin de vous alarmer, tout ça ne sert qu’en enfer et Armageddon, les derniers modes de difficulté du jeu.

Avant, l’essentiel du titre est de débarquer en plein milieu d’un groupe d’ennemis et de tout maraver sans difficulté. A croire que Blizzard cherche à ne pas décourager les nouveaux venus. C’est bien, mais relativement redondant tout de même. La seule chose qui pousse à continuer est la progression de niveaux (et donc le déblocage de nouvelles capacités) ainsi que le loot. Principalement le loot en fait.

Le loot, ce n’est pas juste un mammifère aquatique mal orthographié, c’est aussi tous les brols qui se ramassent sur les corps des streumons fraichement éventrés. L’essentiel reste du matos, pièces d’armures ou armes diverses, plus ou moins puissantes. Si elles sont blanches quand elles apparaissent au sol, elles ne servent à rien. Bleues, elles sont magiques et puissantes. Jaune, rares et très puissantes pour peu que vous soyez chanceux. Oranges ou verte, mince, alors vous pouvez être sûr que votre moitié est en train de fricoter avec la moitié du pays car ce sont des objets d’une rareté extrême! Et là, soient ils sont adaptés à votre personnage, soit vous allez devenir riche sur l’Hotel des Ventes.

Elle est là, LA grosse nouveauté de la franchise, la possibilité de refourguer tout ce qui ne nous intéresse pas au premier venu sur internet, et d’engranger de la pièce d’or au tractopelle.  Donc bien sûr il est possible d’acquérir des armes complètement abusées en un rien de temps moyennant finances (y compris du vrai argent, celui qu’on gagne pour de vrai dans la vraie vie où on prend son petit dej’). Et là surgis un vrai souci : à quoi bon l’excitation du loot quand on peut déjà tout avoir en choisissant sur le net ? Et bien plus grand-chose. Surtout que, avant le mode enfer, le jeu se révèle si facile que s’équiper à mort ne sert vraiment plus à grand-chose, comme d’utiliser une tronçonneuse pour venir à bout de la motte de beurre susnommée. Mais la tentation est là.

Une fois arrivé niveau max et en Armageddon, le jeu passe d’un coup de Pomme D’Api à l’Encyclopédie Universalis en 30 volumes. Et le choc est rude, il faut alors revoir toutes ses habitudes et rebrancher le cerveau. C’est si dur qu’il faudra être un joueur très investi pour continuer l’aventure. Ou jouer avec des amis, car Diablo 3, avec ses 5 classes différentes, se prête particulièrement à la coopération online à…4. Eh oui, impossible d’avoir un représentant de chaque classe, c’est tout de même assez frustrant. Ainsi, si le jeu se destine au premier venu pendant quelques dizaines d’heures, seul le fan immodéré de loot, de challenge et de Hack’n Slash (ou tout intégriste de Blizzard) aura le courage de continuer ou, pire, de recommencer un nouveau personnage de 0 pour refaire l’aventure une nouvelle fois. M’enfin, y’a quand même sa vie à vivre dans la vie hein.

 

Editeur : Blizzard

Développeur : Blizzard

Type : Hack’n Slash

Multijoueur : 4 joueurs online

Classification : Interdit aux moins de 16 ans

Testé sur PC

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