Jun 032012
 
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Il n’y a encore que du côté indé que nous pouvons goûter à de véritables expériences, qu’elles soient visuelles ou liées au gameplay (il existe quelques exceptions, bien entendu, El Shaddai par exemple). Force est de constater que c’est vers ces productions que nous nous tournons pour essayer “autre chose” que ce qui est formaté pour fonctionner commercialement. Datura tombe en plein dedans. Avec ses bons et ses mauvais côtés.

Développé par Plastic Reality Technologies, déjà à l’origine de la démo technique Linger in Shadows, le titre à la première personne nous place dans la peau d’un gars visiblement en mauvaise position : couché à l’arrière d’une ambulance roulant à tombeau ouvert. Première minute, première occasion de tester la jouabilité. Prévu à la base pour le PSMove, Datura peut se laisser parcourir à la DuakShock, avec néanmoins beaucoup moins d’intérêt…

Concrètement, le joueur contrôle la main du personnage, avec laquelle il interagit avec le décor. Le temps de retirer le drap et les électrodes… et on se retrouve plongé au coeur d’une forêt automnale.

Premier constat, ce n’est graphiquement pas extraordinaire, même si un sérieux travail a été apporté à l’ambiance. Une forêt plongée dans la brume, des feuilles voletantes, des vestiges d’habitations, une porte fermée… et une présence humaine fugitive. L’entrée en matière est assez intrigante pour nous piéger, pauvre joueur, dans les limbes de Datura.

Mais la réalité nous revient en pleine figure une fois qu’on découvre les contrôles. La touche Move pour avancer, X pour tourner, O pour reculer et un sérieux manque de précision dans le contrôle de la main. Les axes X, Y et Z étant utilisés, on se retrouve souvent à gesticuler dans tous les sens pour caresser un bouleau (oui, dans le jeu, ça semblait logique…), ramasser un objet, tenir une poignée de porte… ces gestes devraient normalement se révéler intuitifs, surtout quand on a déjà pu profiter de la précision du PSMove, mais ils se révèlent vraiment pénibles, et brisent tout sentiment de balade onirique voulue par Plastic.

Au niveau de l’histoire, c’est très très confus. Vous êtes lâché dans cette forêt mourante, sans aucune indication. Vous vous promenez alors en essayant d’interagir avec les éléments de décors, et cela déclenche de petites scénettes jouables. Tantôt vous devez briser de la glace, ou vous débarrasser d’une paire de menottes, jouer une mélodie… chacune de ces actions vous laissera le choix, sensés refléter votre Karma, mais dans les  fait, on essaye de se débrouiller comme on peut sans réellement comprendre que nous avons d’autres possibilités.

Tout ceci impacte plus ou moins le final du jeu, qui ici encore, reste totalement obscur dans son interprétation. Datura se consomme comme une rêverie, dans la quelle nous serions conscient de  nos actes. Vous savez, cet instant peu avant le réveil où nous avons à peu près conscience de ce qui se déroule dans notre rêve mais sans se rendre compte qu’il n’est qu’un fruit de notre imagination. Toutes les situations s’enchaînent sans cohérence jusqu’à notre retour à la réalité. Ceci constitue souvent une fabuleuse aventure, mais ici totalement plombée par la jouabilité exécrable, même si je me dois de nuancer un peu, car au fil de la grosse heure trente que dure le jeu, nous nous habituons aux commandes et nous galérons un peu moins.

En définitive, pour 8€, Datura a du mal à se justifier. Le trip est réel, un peu comme pour Linger in Shadows, la bande son reste d’ailleurs dans la même veine. Je suis resté scotché dans son univers d’une traite, mais j’ai dû en sortir bien trop souvent pour pester contre sa prise en main. Sony n’édite pas ici son meilleur soft indépendant, qui pourtant promettait sur papier. Dire qu’il aurait peut-être suffit de pas grand chose, d’une durée de vie plus conséquente (même si refaire le titre avec d’autres choix est envisageable, mais cela s’arrêtera là) et surtout d’un gameplay. Autant se tourner vers des productions plus maîtrisées comme Journey. J’admets que c’est avec regret que je ne mets qu’une seule étoile à ce titre, car il y a tout de même quelque chose” dans ce Datura, noyé sous ses imperfections handicapantes.

Editeur : Sony
Développeur : Plastic Reality Technologies
Type : Expérience
Classification : PEGI 16

  3 Responses to “[Test-PS3] Datura”

  1. Ouais mais est-ce qu’il reste encore de la place pour les productions mal cuites ?

  2. Avec la qualité que nous avons sur les productions indépendantes actuellement, non. Datura “aurait pu” grâce à une bonne ambiance et à un concept de “karma” intéressant. Mais c’est trop contemplatif, il y a de trop gros problèmes de prise en main et on en ressort sans vraiment en avoir tiré quelque chose.
    Comme un rêve en somme.
    Autant Linger in Shadows passait à 1,99€, autant pour 8€, on est en droit d’attendre bien mieux.

  3. La course à l’excellence. En somme, l’antithèse des principaux courants culturels actuels, où la médiocrité est érigée en valeur. Un bon vieux Tetris, ça oui !

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